De Nantes à la France entière, la flambée inquiétante des arnaques aux faux relevés d'eau
Signalée d'abord en Loire-Atlantique, une supercherie ciblée prend de l'ampleur et menace les usagers directement à leur porte. Des individus se font passer pour des agents officiels afin d'accéder aux logements et de soutirer de l'argent. Face à ce procédé trompeur, gestionnaires de réseaux et forces de l'ordre diffusent des mises en garde précises.
Une fraude au terminal bancaire frappe l'agglomération de Nantes
Le piège se referme sur le palier. Dans les communes de Rezé, Indre et Les Sorinières, de faux agents affirmant appartenir à l'entreprise Veolia se présentent chez les résidents sous prétexte d'un contrôle de routine du compteur d'eau. Pour valider l'opération ou régler de prétendus frais techniques, ils réclament une somme minime de 5 euros, payable uniquement par carte bancaire.
L'arnaque repose entièrement sur la manipulation du terminal de paiement électronique apporté par les malfaiteurs. Les faux démarcheurs prétextent une anomalie de connexion pour faire composer le code confidentiel à plusieurs reprises. À la place d'un règlement anodin, les escrocs débitent en réalité jusqu'à 1 500 euros sur le compte bancaire de leurs cibles. Au moins deux victimes ont déposé plainte dès les premiers jours du phénomène près de Nantes, selon les municipalités.
Face à ces agissements, le syndicat mixte Atlantic'eau rappelle formellement les règles en vigueur : « Les techniciens Veolia, Saur ou STGS qui se déplacent à domicile ne sont en aucun cas habilités à procéder à des encaissements sur place en espèces ou via un terminal de paiement. »
Un réseau itinérant cible les personnes vulnérables à l'échelle nationale
Ce procédé frauduleux s'est rapidement diffusé à d'autres régions françaises. Des signalements comparables ont émergé en Vendée, dans le Grand Reims ainsi que sur le littoral méditerranéen. Les escrocs changent rapidement de secteur pour échapper aux contrôles. Le distributeur public Vendée Eau détaille d'ailleurs cette même manœuvre : « À l'issue de leur intervention, ils demandent un premier paiement de 5 €, puis invoquent un prétendu problème technique pour faire effectuer plusieurs paiements. Dans certains cas, les victimes ont ainsi été prélevées de plusieurs centaines d'euros. »
Pour tromper la vigilance des usagers, ces bandes organisées s'approprient les enseignes de distributeurs reconnus comme Suez, Saur ou STGS. Les malfaiteurs arborent des tenues de travail crédibles et présentent de faux badges professionnels confectionnés pour l'occasion.
Ces visites ciblent en priorité les personnes âgées, souvent seules chez elles en journée. La gendarmerie et la police nationale renforcent leurs patrouilles pour intercepter ces équipes mobiles. L'article 313-1 du Code pénal punit l'escroquerie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende, des sanctions alourdies lorsque les faits visent des personnes vulnérables.
Les bons réflexes pour sécuriser l'accès à son domicile
La recommandation des gestionnaires d'eau potable s'avère stricte : ne versez jamais d'argent à un intervenant qui se présente chez vous. Une intervention officielle, qu'il s'agisse d'un relevé d'index ou d'un remplacement d'appareil, demeure gratuite ou inscrite sur les factures périodiques après validation d'un devis préalable.
Avant de laisser quiconque franchir votre porte, inspectez les éléments d'identification. Exigez la présentation d'une carte professionnelle officielle, vérifiez si le véhicule utilitaire stationné porte le logo de votre distributeur et contactez le service client de votre fournisseur d'eau pour vérifier l'existence de l'ordre de mission. Un agent authentique attendra toujours vos vérifications sans insister.
Si un démarcheur refuse de quitter l'entrée ou manifeste un comportement suspect, composez immédiatement le 17 pour prévenir les forces de l'ordre. En cas de prélèvement abusif, contactez sans délai votre établissement bancaire pour faire opposition et déposez plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie.
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