"C'est le RN qui a gagné" : des confidences chocs d’Emmanuel Macron révélées dans un livre

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/11/2026
Emmanuel Macron
abacapress
Dans un livre choc publié chez Robert Laffont, l’éditorialiste Françoise Degois dévoile sans accord deux ans d'échanges Telegram nocturnes et sans filtre avec Emmanuel Macron. Ce à quoi le président ne s'attendait pas.

Les coulisses du pouvoir exécutif se retrouvent brutalement exposées sur la place publique. À travers des captures d'écran et des messages spontanés rédigés à des heures indues, le chef de l'État livre sa lecture intime des secousses politiques récentes, à l'écart des filtres de la communication élyséenne habituelle. Cet ensemble de correspondances dévoile la psychologie et les réactions brutes d'un dirigeant sous tension face aux blocages institutionnels.

Les messages privés et nocturnes du président divulgués sans filtre

Le monde politique découvre cette semaine la parution inattendue du livre Vous êtes tous trop durs avec moi, signé par l'éditorialiste Françoise Degois et publié aux éditions Robert Laffont. L'ouvrage compile près de deux années d'échanges directs tenus via l'application de messagerie sécurisée Telegram avec le président de la République.

Cette relation épistolaire moderne a démarré à la fin de l'été 2024, à la suite d'une intervention médiatique de l'ancienne conseillère politique prenant la défense de Brigitte Macron. Touché par cette prise de position, le chef de l'État a rapidement instauré un dialogue régulier avec la journaliste, transformant leurs discussions en un canal informel de confrontation intellectuelle et politique. Les échanges, souvent envoyés au cœur de la nuit, abordent sans retenue l'actualité brûlante du pays.

La parution constitue une véritable rupture de confidentialité, puisque ces textos et captures d’écran paraissent sans l'aval préalable de l'Élysée, comme le révèle le Huffington Post. Les lecteurs y découvrent un président s'exprimant sans fard, libéré des précautions oratoires habituelles et laissant transparaître ses agacements du moment.

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Règlements de comptes et défense de la dissolution

Dans ces conversations, Emmanuel Macron conteste vivement l'analyse dominante qui qualifie la dissolution de juin 2024 d'erreur tactique majeure. Le chef de l'État justifie sa décision en affirmant qu'il souhaitait couper net la trajectoire d'un Rassemblement national qu'il jugeait prêt à bloquer le pays dès l'automne suivant.

Face aux revendications de la gauche unie, le locataire de l'Élysée détaille ses motivations pour écarter Matignon au Nouveau Front populaire et refuser la nomination de Lucie Castets ("Il n’y a qu’elle et vous tous pour croire qu’elle peut aller un jour à Matignon", écrit-il à propos de cette dernière). Il récuse avec virulence l'idée d'un succès électoral de la coalition : "Vous n'avez pas gagné. C'est le RN qui a gagné", assène-t-il à son interlocutrice, selon les extraits rapportés par l'hebdomadaire Marianne.

Le chef de l'État règle également ses comptes avec son propre camp, ciblant en particulier son ancien Premier ministre Gabriel Attal après leur prise de distance consécutive aux législatives anticipées : "On lui a trop tout donné. Tout le temps. Trop." Ses attaques visent tout autant l'opposition nationaliste, qualifiant les dirigeants Marine Le Pen et Jordan Bardella de figures "dingues" et "dangereuses." Face aux reproches constants formulés dans les médias, le président exprime son sentiment d'isolement : "Souvent, vous et les vôtres, vous êtes tous trop durs avec moi."

Un visionnaire peu fiable à propos de la gauche française ?

Sur la gauche, les messages du président révèlent un certain manque de flair. Cité par le Huffington Post, il évoque ainsi les méthodes de Jean-Luc Mélenchon : "La stratégie de LFI est dingo mais j’y crois pas." Pire, sa vision de l'avenir du PS est voilée puisqu'il mise sur... Olivier Faure : "C’est un mec bien, très bien, Olivier. Qu’il y aille, Olivier. Les autres, ce sont des nazes. Si on les prend un par un !"

Son objectif est clair : "Allez là, faut y aller. Faut foncer, il peut se cogner Méluche. Moi je me le suis cogné, c’est pas de la tarte mais on y arrive", déclare-t-il dans un message.

Malgré un climat parlementaire houleux, le président écarte catégoriquement tout départ anticipé du pouvoir avant le terme prévu de 2027 : "Démissionner ? Jamais ! Pour aucune raison ! Jamais. Je ne compte pas déserte." Il esquisse enfin ses réflexions sur son après-mandat : "En tout cas, si j'en fais du business, ce sera le mien, et je pense plutôt hors de France, mais je ne serai ni leur employé ni leur obligé, jamais."

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