Censure de CNews : la "résistance" s'organise, une contre-pétition recueille un nombre record de signatures
La bataille pour l'avenir du premier canal d'information de France prend un tournant inédit sur les réseaux et au sein des institutions. En l'espace de quelques jours, la contestation numérique a propulsé le sort de la chaîne au cœur du débat démocratique. Face aux appels à l'interdiction, les soutiens du média dénoncent une manœuvre de censure sans précédent et montent au créneau.
La contre-attaque des fidèles s'organise pour défendre la chaîne
Pour répliquer à la fronde hostile, une démarche citoyenne a vu le jour sous l'impulsion de Stéphane Ferrand, révèle Boulevard Voltaire. Son texte, intitulé "Soutien à CNEWS : Stop aux menaces de censure et de fermeture", a rassemblé près de 150 000 signatures en un temps record. Les signataires expriment leur vive indignation devant ce qu'ils qualifient d'acharnement politique visant à priver des millions de téléspectateurs de leur liberté de choix.
Cette mobilisation spontanée a rapidement trouvé un écho retentissant auprès des visages phares de l'antenne. Sur le réseau social X, la journaliste Christine Kelly a salué l'initiative en écrivant : "Merci à celui ou celle qui a lancé cette pétition pour Cnews." Contactée par l'AFP, la direction de la chaîne a pour sa part choisi la retenue : "Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique." Pour les téléspectateurs mobilisés, il s'agit avant tout de protéger le pluralisme des opinions face à une volonté d'éviction idéologique.
Les députés restent impuissants face aux compétences de l'Arcom
Le déclencheur de cette passe d'armes reste la pétition déposée par Lucas Massoni sur la plateforme de l'Assemblée nationale, qui a franchi la barre des 500 000 signatures. Ce seuil réglementaire, adossé à une répartition dans au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, oblige désormais la commission des Affaires culturelles à examiner la demande. Les parlementaires devront ainsi choisir entre classer le texte sans suite, auditionner les parties ou proposer un débat en séance publique.
Pourtant, la démarche se heurte au principe de la séparation des pouvoirs. Selon les termes de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, le Parlement ne dispose d'aucun pouvoir légal pour supprimer une chaîne. Seul le collège de l'Arcom, autorité publique indépendante chargée de la régulation de l'audiovisuel, détient la compétence exclusive d'attribuer, de suspendre ou de retirer une autorisation de diffusion sur les fréquences hertziennes de la TNT.
À l'approche des échéances électorales de 2027, cette empoignade illustre une fracture politique aiguë entre les formations de gauche réclamant des sanctions drastiques et les partisans de la liberté éditoriale. Plusieurs voix s'élèvent pour rappeler les fondements de l'État de droit, à l'image du député Jérémie Patrier-Leitus qui rappelle fermement : "En démocratie, on ne ferme pas les médias."
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