Bavure en maison de retraite : deux policiers révoqués après des violences contre un nonagénaire amputé

Publié par Stéphane Leduc
le 14/10/2026
violence dans un Ehpad en Angleterre
Capture Twitter
Un panel disciplinaire de la police du Sussex a prononcé le renvoi immédiat de deux agents pour faute lourde après l'usage injustifié d'un Taser, d'une matraque et de gaz lacrymogène contre un nonagénaire en fauteuil roulant.

L'onde de choc traverse les institutions britanniques après les conclusions sans appel de l'autorité de surveillance policière. L'affaire met en lumière le gouffre persistant entre les décisions de la justice pénale et les exigences déontologiques internes des forces de l'ordre. Face au scandale provoqué par les images de l'intervention, la hiérarchie policière a fini par trancher avec fermeté.

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Deux agents de la police du Sussex révoqués sans préavis pour faute lourde

Le 6 octobre 2026, l'officier Stephen Smith et l'officière Rachel Comotto ont été officiellement licenciés avec effet immédiat. L'audience disciplinaire a également ordonné leur inscription définitive sur la liste d'interdiction d'exercer gérée par le College of Policing, leur barrant tout retour possible au sein des forces de sécurité.

Cette mesure fait suite aux conclusions accablantes de l'Independent Office for Police Conduct (IOPC). L'organisme de contrôle a retenu une violation grave des standards professionnels, pointant particulièrement l'usage disproportionné de la force ainsi qu'un manque manifeste de respect et de courtoisie envers une personne vulnérable.

Le dossier disciplinaire s'est alourdi avec la découverte de publications inadmissibles. La policière Rachel Comotto a fait l'objet d'une sanction additionnelle pour des messages ironiques diffusés sur Facebook peu après l'intervention : « We all know what happens in care homes » (« Nous savons tous ce qui se passe dans les maisons de retraite »), un commentaire ponctué d'une émoticône d'éclair.

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Chronologie d'un emballement tragique et débat sur les interventions en EHPAD

Les faits remontent au 21 juin 2022 au sein de l'EHPAD Park Beck, situé à St Leonards-on-Sea. Les forces de l'ordre interviennent face à Donald Burgess, 92 ans, unijambiste en fauteuil roulant souffrant de démence sénile. L'homme s'était isolé dans une pièce avec un simple couteau de table à bout rond. Selon les enregistrements des caméras-piétons, l'assaut dure moins de 90 secondes, sans la moindre tentative de désescalade verbale. Les images montrent l'officier Stephen Smith menacer le nonagénaire d'être « sprayed or Tasered », avant de pulvériser du spray incapacitant PAVA, d'asséner des coups de matraque et d'actionner son Taser.

Le volet judiciaire a pourtant suivi une trajectoire différente. Hospitalisé, Donald Burgess est mort 22 jours plus tard des suites du Covid-19. Les expertises médico-légales ayant conclu à l'absence de lien de causalité direct entre les violences et le décès, les jurés de la Crown Court de Southwark ont prononcé l'acquittement pénal des deux agents en mai 2025. Le procureur Paul Jarvis KC avait pourtant rappelé à l'audience : « This was an elderly, vulnerable man who may not have understood what was going on » (« Il s'agissait d'un homme âgé et vulnérable qui n'a peut-être pas compris ce qui se passait »).

Le dénouement disciplinaire relance le débat national sur la prise en charge des personnes désorientées par les patrouilles d'urgence. Le Deputy Chief Constable Paul Court a présenté les excuses publiques de la police du Sussex, concédant la nécessité d'une révision urgente des protocoles partagés avec le personnel soignant face aux crises en institution.

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