Attentat de Magnanville en 2016 : rebondissement judiciaire dans le meurtre du couple de policiers

Publié par Matthieu Chauvin
le 24/09/2026
Attentat Magnanville
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© Xinhua/ABACA
La Cour de cassation a annulé en partie la condamnation à perpétuité de Mohamed Lamine Aberouz pour un vice de forme, imposant un troisième procès d'assises dans le dossier de l'attentat de Magnanville.

Dix ans après l'assassinat terroriste d'un couple de policiers dans les Yvelines, la plus haute juridiction française rebat les cartes d'un dossier hautement inflammable. Cette décision inattendue rouvre une procédure criminelle que beaucoup pensaient scellée, contraignant l'institution judiciaire et les parties civiles à replonger dans l'horreur des faits.

La Cour de cassation ordonne un troisième procès d'assises

La chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu sa décision le 23 septembre 2026 en annulant partiellement l'arrêt rendu par la cour d'assises spéciale de Paris. En appel, le 21 juin 2025, la juridiction avait confirmé la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de période de sûreté à l'encontre de Mohamed Lamine Aberouz, confirmant le premier verdict prononcé en octobre 2023. La haute juridiction a néanmoins censuré une partie de cette décision.

Le pourvoi a prospéré sur un terrain strictement technique. Les magistrats ont invalidé la déclaration de culpabilité portant sur la complicité de séquestration de l'enfant du couple policier, âgé de 3 ans et demi au moment des faits, en raison d'un vice de forme procédural. La plus haute juridiction a relevé une irrégularité juridique dans la façon dont cette qualification spécifique a été soumise au débat et motivée.

L'homme de 33 ans n'est pas remis en liberté pour autant. La Cour de cassation a ordonné son renvoi devant une cour d'assises spéciale d'appel autrement composée. Les magistrats devront réexaminer ce chef précis d'accusation et, par voie de conséquence, recalculer le quantum global de la peine infligée à l'accusé.

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Un dossier sous tension entre doutes matériels et douleur des policiers

Cette décision fait resurgir la mémoire du drame perpétré le 13 juin 2016. Ce soir-là, le commandant Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider, fonctionnaire de police, étaient assassinés à l'arme blanche à leur domicile par Larossi Abballa. L'assaillant, qui revendiquait son allégeance à l'organisation État islamique, avait été abattu sur place lors de l'assaut donné par le RAID.

Depuis l'origine de l'instruction, l'implication de Mohamed Lamine Aberouz fait l'objet d'âpres contestations. L'accusation repose avant tout sur une trace d'ADN lui appartenant, découverte sur le repose-poignet de l'ordinateur portable des victimes. L'accusé n'a cessé de clamer son innocence : "Je vous assure que je n'ai aucune responsabilité dans votre malheur", déclarait-il devant les jurés d'appel, selon des propos rapportés par l'AFP. 

Ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud, ont régulièrement dénoncé la faiblesse des éléments matériels reliant leur client à la scène de crime : "Il n'y avait en réalité aucune marge de manœuvre. C'est en matière antiterroriste le doute qui profite à l'accusation et non à l'accusé. La juridiction a pris la décision d'ajouter un deuxième homme dans un agissement solitaire", pointaient-ils auprès de l'AFP.

La perspective d'une troisième audience criminelle constitue une épreuve éprouvante pour les proches des disparus et l'ensemble de la police nationale. Cet attentat reste l'archétype traumatisant d'agents ciblés jusque dans l'intimité de leur foyer familial.

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