Attentat raciste de Trappes : Dominique de Villepin estime que « le RN porte une responsabilité dans la polarisation de notre pays »

Publié par Sarah Martin
le 26/10/2026
Dominique de Villepin
abacapress
© Gregoire Elodie/ABACA
Après l'attentat meurtrier de Trappes ciblant des minorités, Dominique de Villepin accuse le Rassemblement national et Éric Zemmour d'alimenter la haine.

Deux jours après les attaques meurtrières commises dans les Yvelines, les répercussions de ce drame secouent l'échiquier politique français. La qualification terroriste retenue par les magistrats a immédiatement provoqué une onde de choc au sommet de l'État.

Une équipée meurtrière qualifiée d'attentat terroriste par la justice

Les faits se sont déroulés le vendredi 23 octobre. Un individu au volant de son véhicule a mené un périple meurtrier à Trappes et à La Verrière, visant délibérément des passants en raison de leur couleur de peau ou de leur religion supposée. Le bilan s'avère tragique : un jeune homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, a été tué par balles. L'attaque a également fait cinq blessés, parmi lesquels figure une fillette de 12 ans hospitalisée dans un état grave.

Face à ces actes, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle. Lors d'un déplacement immédiat sur les lieux, Emmanuel Macron a affirmé : « Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste raciste, ainsi qualifié par le parquet national antiterroriste, qui a fait six victimes », qualifiant cet acte de tournant.

Invité au micro de RTL ce lundi 26 octobre, Dominique de Villepin a vivement réagi à ce drame. L'ancien Premier ministre a ciblé les partis nationalistes, déclarant que « le RN porte une responsabilité dans la polarisation de notre pays ». Ciblant également Éric Zemmour, il a dénoncé la théorie du grand remplacement et l'obsession migratoire, perçues comme des détonateurs banalisant la violence. Il a déploré une « impuissance publique » de l'État face aux fractures grandissantes.

Polarisation idéologique et fractures politiques face à la radicalisation

Cette tuerie illustre une mécanique d'engrenage redoutée par les services de renseignement. La diffusion des thèses xénophobes dans l'espace public alimente les ressentiments et précipite des passages à l'acte sanglants. Durant sa garde à vue, l'assaillant a affirmé avoir voulu venger de récentes dégradations, choisissant délibérément de cibler des personnes perçues comme issues de l'immigration.

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Ces aveux mettent en lumière un cercle vicieux de tensions civiles qui interpelle la classe politique. Face à ces accusations directes de complicité morale, le Rassemblement national conteste toute implication, rejetant la faute sur les dérives individuelles et dénonçant une tentative de récupération politicienne.

Dans ce climat sous tension, Dominique de Villepin incarne une ligne issue du gaullisme traditionnel. L'ancien locataire de Matignon lance un appel au sursaut républicain pour enrayer la surenchère électoraliste. Cette tragédie ravive les craintes institutionnelles d'un basculement démocratique face à la multiplication des agressions motivées par la haine raciale.

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