Assurance-vie : quels fonds en euros vont profiter le plus vite de la hausse des taux
La hausse des taux profite-t-elle à tous les détenteurs d’une assurance-vie ? Pas au même rythme. Certains fonds en euros récents bénéficient plus rapidement de la remontée des rendements obligataires, tandis que les fonds plus anciens restent freinés par leurs placements passés. Comprendre ce décalage permet de mieux comparer les contrats et de faire des choix éclairés pour son épargne.
Des rendements obligataires au sommet face à des fonds en euros à la traîne
Le marché de la dette souveraine connaît une poussée spectaculaire. Le rendement de l'emprunt d'État français à dix ans, l'OAT, tutoie désormais la barre des 5 %, un sommet inédit depuis 2002. En parallèle, les supports garantis en euros peinent à suivre cette cadence. Selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le taux moyen servi sur les contrats individuels a atteint 2,63 % net de frais de gestion.
Ce décalage statistique s'explique par le passif des portefeuilles. Les assureurs conservent encore le lourd héritage de la décennie précédente, marquée par des rendements nuls, voire négatifs, qui pèsent sur les performances globales distribuées. Face au coût de la vie et à l'érosion monétaire, les épargnants attendent désormais une rémunération réellement attractive sur leurs investissements sans risque, créant une impatience grandissante envers les gestionnaires traditionnels.
L'inertie obligataire pénalise les anciens contrats au profit des jeunes supports
Le décalage de performance découle du fonctionnement technique de l'assurance-vie. Les compagnies gèrent leurs lignes d'emprunts obligataires selon la méthode comptable du coût amorti, en conservant les titres jusqu'à leur échéance finale. Les spécialistes du secteur estiment qu'il faut compter entre cinq et six ans de renouvellement progressif pour combler seulement la moitié de l'écart avec les niveaux de marché actuels.
Les encours anciens et volumineux des bancassureurs subissent ce mécanisme de plein fouet. Englués dans d'anciennes obligations souscrites à des taux proches de zéro, ces fonds historiques ne peuvent pas renouveler rapidement leur actif. À l'inverse, les fonds en euros lancés récemment profitent d'un avantage technique immédiat. Dépourvus d'obligations anciennes à bas rendement, ils investissent directement l'argent frais collecté sur des emprunts d'État ou d'entreprises rapportant entre 4 % et 5 %.
La méthode pour réorienter son épargne vers les supports les plus rentables
Pour améliorer la rentabilité de ses avoirs, une première étape consiste à examiner attentivement ses contrats actuels. L'assuré doit identifier l'ancienneté de son fonds en euros ainsi que sa dynamique de collecte, en comparant son support avec les fonds dits de nouvelle génération ou spécialisés qui captent les rendements récents.
Le cadre juridique offre une opportunité de modernisation grâce au transfert interne prévu par la loi Pacte. Ce dispositif permet de basculer son épargne vers un contrat plus récent au sein de la même compagnie sans perdre l'antériorité fiscale acquise de huit ans. Par ailleurs, les épargnants peuvent tirer parti des offres commerciales ponctuelles en orientant leurs nouveaux versements vers des fonds en ligne sans frais d'entrée, ou vers des opérations à taux bonifiés qui hissent temporairement les gains au-dessus de 4 % net.
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