Affaire Émile : les 106 prélèvements ADN n'ont rien donné, l'enquête dans l'impasse ?
Les conclusions du laboratoire remises aux juges d'instruction douchent l'espoir d'un dénouement rapide dans l'affaire de la mort d'Émile Soleil. Disparu le 8 juillet 2023 au Haut-Vernet, l'enfant avait été retrouvé sans vie par une randonneuse le 30 mars 2024. Malgré ce blocage technique, les enquêteurs maintiennent leurs investigations pour faire toute la lumière sur ce drame.
Une campagne massive de 106 prélèvements génétiques sans correspondance
Comme le rapporte BFM TV, le laboratoire d'hématologie médico-légale de Bordeaux, dirigé par le professeur Christian Doutremepuich, a transmis son rapport d'expertise aux magistrats instructeurs du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence. Cette étape scientifique d'ampleur visait à comparer les traces biologiques inconnues décelées sur les vêtements et ossements de la victime avec les empreintes de personnes présentes dans la zone.
Au total, les gendarmes ont soumis 106 profils génétiques à l'analyse. Cette campagne ciblait les résidents du Haut-Vernet et du Bas-Vernet, des vacanciers, des randonneurs ainsi que tout individu identifié sur les lieux au moment de la disparition.
Les résultats mettent en évidence une absence totale de concordance génétique. Les espoirs des parties civiles se trouvent ainsi contrariés. Me Julien Pinelli, avocat de la grand-mère d'Émile, indiquait pourtant à l'AFP : "Nous espérons que les prélèvements réalisés au cours de cette campagne, d'une rare envergure, permettront une avancée significative des investigations." Mais les traces partielles ou dégradées n'ont trouvé aucun écho parmi les prélèvements effectués.
Les enquêteurs explorent toujours la piste de l'entourage et les courriers anonymes
Ce résultat négatif ne met aucun terme à la procédure. L'absence de correspondance biologique n'innocente pas formellement les suspects potentiels et ne referme pas le dossier. Les militaires de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille poursuivent leurs vérifications méthodiques autour du cercle familial, tout en réexaminant la chronologie précise de l'après-midi du drame.
Comme le rapporte une source proche de l'enquête à BFM TV : "La piste intrafamiliale est toujours sur la table. Il y a encore des investigations en cours, le dossier n'est pas froid. Ce n'est pas terminé", conclut cette même source.
L'information judiciaire ouverte pour homicide volontaire et recel de cadavre s'appuie également sur l'analyse des indices matériels. L'état de conservation des ossements et des habits retrouvés sur le terrain suggère que le corps a pu séjourner dans un espace abrité ou clos avant d'être déposé dans la zone de découverte. Cette hypothèse oriente de nouvelles vérifications de terrain.
En parallèle, les magistrats traitent les courriers anonymes envoyés aux autorités depuis le début des investigations. Leurs supports font l'objet d'expertises minutieuses afin d'isoler d'éventuelles empreintes ou écritures exploitables. Les juges d'instruction d'Aix-en-Provence confrontent désormais l'ensemble des expertises médico-légales aux déclarations recueillies pour identifier d'éventuelles incohérences d'emploi du temps.
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