Affaire Bétharram : les victimes déplorent le refus du pape Léon XIV de les rencontrer

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/09/2026
Pape Léon XIV
Autre
Alors que la venue du souverain pontife à Lourdes suscite une vive attente chez les fidèles et les victimes d'abus dans l'Église, le rejet d'une audience dédiée aux anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram suscite une vive incompréhension.

L'incompréhension domine chez les anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram. Alors que le pape Léon XIV s'apprête à fouler le sol des Hautes-Pyrénées, les victimes d'abus physiques et sexuels espéraient un geste fort du Saint-Siège. Le couperet protocolaire vient doucher ces attentes. Ce dossier sensible qui ravive de douloureuses blessures à quelques jours d'une visite sous haute surveillance.

Une fin de non-recevoir qui heurte les victimes de Bétharram

Après une demande officielle déposée dès juillet 2025, le collectif a essuyé un refus formel pour une rencontre privée lors de la venue papale du 27 septembre 2026. Ce rejet officiel écarte toute entrevue dédiée entre le chef de l'Église catholique et ces anciens pensionnaires révèle FranceInfo.

Cette décision heurte d'autant plus que l'établissement de Lestelle-Bétharram ne se trouve qu'à une quinzaine de kilomètres de la cité mariale. La proximité géographique renforce le sentiment d'abandon des plaignants, qui voyaient en ce déplacement l'occasion d'une démarche de vérité sur les lieux mêmes du scandale.

Pour cette association qui rassemble plus de 200 anciens élèves et totalise plus d'une centaine de plaintes, le choc reste immense. Les membres demandaient simplement un court temps de prière commune et d'échange fraternel avec le souverain pontife, sans faste ni caméra.

Les coulisses du protocole : le choix contesté d'un panel restreint

Pour justifier cette fin de non-recevoir, la Conférence des évêques de France (CEF) met en avant la mise en place d'un format unique. L'épiscopat a strictement limité le panel d'audience à 7 personnes, sélectionnées pour représenter la diversité des violences subies au sein de l'Église sur tout le territoire national.

L'entourage papal invoque également un agenda millimétré. Les contraintes sécuritaires et diplomatiques imposent une gestion stricte du temps durant ce court séjour en France, empêchant la multiplication des rencontres catégorielles ou locales.

Cette méthode passe mal auprès des associations de terrain. Nombre d'entre elles dénoncent un véritable tri sélectif orchestré pour lisser la communication et maintenir à distance les dossiers collectifs les plus brûlants.

Vous avez aimé cet article ?

Les cinq propositions du collectif : un plaidoyer maintenu pour transformer l'institution

Malgré cette porte fermée, l'association refuse de baisser les bras et partage son mémorandum de réforme. Le collectif a formalisé 5 propositions directes pour refonder la protection de l'enfance au sein des structures catholiques :

  • une refonte complète de la formation initiale et continue des séminaristes ;
  • un suivi psychologique obligatoire et régulier pour tous les prêtres en exercice ;
  • la reconnaissance intégrale et la réparation des préjudices subis par les anciens élèves ;
  • le renforcement drastique des protocoles de signalement dans les internats privés ;
  • la création d'une commission indépendante d'audit pour les congrégations religieuses.

L'affaire Bétharram a agi comme un puissant révélateur des failles historiques de surveillance dans les pensionnats confessionnels. Privées de rencontre officielle, les victimes prévoient d'autres actions publiques durant la venue du pape pour faire entendre leurs revendications et alerter l'opinion.

Google News Voir les commentaires