5 septembre : le jour où Freddie Mercury poussa son premier cri… et où un aéronaute sauva sa vie avec les dents

Freddie Mercury
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© Hussein Anwar/EMPICS Entertainment/ABACA
En ce 5 septembre, jour de Sainte Raïssa, alors qu'une légende absolue du rock vient au monde et qu'un vaisseau terrestre s'élance vers les confins du cosmos, la fureur des tranchées et du terrorisme moderne fauche brutalement des héros de plume et de sport. Au cœur de cette mosaïque d'émotions se cache aussi le sauvetage le plus acrobatique et givré de l'histoire de l'aviation, où un homme suspendu dans le vide ne dut sa survie qu'à la force de ses mâchoires.

5 septembre 1857 : La mort d'Auguste Comte, l'architecte du positivisme et de la sociologie

Le 5 septembre 1857, dans son appartement parisien de la rue Monsieur-le-Prince, s'éteint à l'âge de 59 ans l'un des penseurs les plus influents du XIXe siècle : Auguste Comte. Marqué par les soubresauts politiques post-révolutionnaires, ce philosophe brillant et marginal a consacré sa vie à bâtir un système intellectuel global, le positivisme. Convaincu que l'humanité entre dans un âge scientifique où les dogmes religieux et métaphysiques doivent s'effacer, il forge pour l'occasion un mot nouveau destiné à un immense avenir : la "sociologie", conçue comme la science rigoureuse des lois régissant les sociétés humaines.

Si le personnage a pu susciter la controverse en fondant dans ses dernières années une véritable "Religion de l'Humanité", son empreinte intellectuelle sur la modernité est colossale. Le positivisme d'Auguste Comte est devenu le socle idéologique des bâtisseurs de la IIIe République française, à commencer par Jules Ferry et Émile Littré, qui voyaient dans l'instruction laïque et le progrès scientifique les piliers de l'émancipation citoyenne. Son influence a même franchi l'Atlantique de manière spectaculaire : au Brésil, les fondateurs de la République en 1889 étaient si imprégnés de sa doctrine qu'ils ont gravé sa devise, "Ordem e Progresso" (Ordre et Progrès), au cœur même du drapeau national.

Auguste Comte espérait que le triomphe de la raison et des sciences mettrait définitivement fin à la folie guerrière des nations ; pourtant, un demi-siècle plus tard, la fureur destructrice des armes allait faucher dans la boue l'un des plus brillants poètes de France.

5 septembre 1914 : Charles Péguy, la plume fauchée à l'aube de la bataille de la Marne

Portrait historique dramatique de Charles Peguy en uniforme d'officier francais de 1914 avec kepi et
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À l'aube du 5 septembre 1914, le destin de la France ne tient plus qu'à un fil. Tandis que l'armée impériale allemande s'approche dangereusement de Paris, le général Joseph Joffre lance son ordre du jour légendaire, ordonnant à ses troupes d'avancer coûte que coûte et de "se faire tuer sur place plutôt que de reculer". C'est le coup d'envoi sanglant de la première bataille de la Marne. Dans les champs de betteraves de Villeroy, près de Meaux, le 276e régiment d'infanterie se retrouve pris sous un déluge de feu ennemi. Au milieu de ses hommes qu'il exhorte à garder la tête haute, le lieutenant de réserve Charles Péguy refuse de se terrer.

À 41 ans, l'écrivain visionnaire, intellectuel engagé aux côtés de Dreyfus et poète mystique de Jeanne d'Arc, tombe net, frappé d'une balle en plein front alors qu'il criait "Tirez ! Tirez, nom de Dieu !" Péguy avait écrit quelques mois plus tôt des vers prémonitoires devenus célèbres : "Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, mais pourvu que ce fût dans une juste guerre." Sa mort brutale fait instantanément de lui l'un des premiers et plus illustres martyrs littéraires de la Grande Guerre, incarnant le sacrifice d'une génération d'artistes et de penseurs broyés par le cataclysme de 14-18.

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Si le fracas des tranchées éteignit à jamais la voix de ce maître des mots, le destin allait offrir trois décennies plus tard, sous des cieux plus cléments, la naissance d'un interprète d'anthologie capable d'embraser les foules par la seule puissance de son chant.

5 septembre 1946 : La naissance de Freddie Mercury, l'icône flamboyante du rock

Le 5 septembre 1946, à l'hôpital de Stone Town sur l'île de Zanzibar, naît un petit garçon prénommé Farrokh Bulsara, issu d'une famille de confession parsie originaire d'Inde. Rien ne prédestinait alors cet enfant timide, qui grandit entre les rives de l'océan Indien et un pensionnat britannique près de Bombay, à devenir l'une des figures les plus exubérantes et admirées de l'histoire de la musique populaire. Après la révolution de Zanzibar en 1964, sa famille fuit au Royaume-Uni où le jeune homme, rebaptisé Freddie Mercury, va fusionner sa passion du piano, son amour de l'opéra et l'énergie brute du rock pour donner naissance au groupe Queen.

Doté d'une tessiture vocale exceptionnelle de plus de trois octaves et d'un sens inné du spectacle théâtral, Freddie Mercury a réinventé la notion de frontman. Des hymnes intemporels comme Bohemian Rhapsody, We Are the Champions ou Don't Stop Me Now portent son génie mélodique et sa démesure baroque. Au-delà de ses performances scéniques inoubliables — dont le mythique concert du Live Aid à Wembley en 1985 reste le sommet absolu —, il s'est imposé comme une icône planétaire d'audace, de liberté et de tolérance, dont l'héritage musical continue de faire vibrer des générations entières bien après sa disparition tragique en 1991.

Rassembler des centaines de milliers de spectateurs dans une communion festive relevait de la magie scénique ; mais l'arène des grands rassemblements internationaux connut hélas son revers le plus effroyable un matin d'été 1972.

5 septembre 1972 : Munich et le massacre des Jeux olympiques en direct

Photographie documentaire d'archives de 1972 montrant les bâtiments du village olympique de Munich a
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Au petit matin du 5 septembre 1972, l'insouciance des "Jeux de la paix et de la joie" organisés à Munich vole en éclats. Huit terroristes lourdement armés, membres du commando palestinien "Septembre noir" escaladent les grillages du village olympique et s'introduisent au 31 de la Connollystraße. Ils abattent deux membres de la délégation israélienne et prennent neuf autres athlètes et entraîneurs en otage, exigeant la libération de centaines de prisonniers. Pour la toute première fois de l'Histoire, un attentat terroriste majeur se déroule sous les yeux de près d'un milliard de téléspectateurs, captivés et horrifiés par une retransmission en direct qui paralyse le monde.

Après des heures de négociations tendues, le drame se déplace dans la nuit vers la base aérienne de Fürstenfeldbruck, où un piège policier ouest-allemand mal préparé vire au carnage absolu. Dans la confusion des tirs, les terroristes exécutent les neuf otages à l'intérieur de leurs hélicoptères avant de faire exploser une grenade. Le bilan est effroyable : onze membres de l'équipe israélienne, un policier allemand et cinq assaillants sont tués. Cet événement traumatise la communauté internationale et pousse les démocraties à créer d'urgence des unités d'élite spécialisées (comme le GSG 9 en Allemagne ou le GIGN en France), tout en transformant à jamais la sécurité des grands événements mondiaux.

Face aux déchirures sanglantes de notre planète, l'humanité a parfois éprouvé le besoin d'élever son regard vers le ciel pour chercher l'évasion et l'espoir dans l'immensité de l'espace.

5 septembre 1977 : Le départ de Voyager 1, l'ambassadeur de la Terre dans l'espace lointain

Le 5 septembre 1977, une fusée Titan-Centaur déchire le ciel de Cap Canaveral en Floride, emportant à son bord la sonde spatiale Voyager 1. Conçue par la NASA pour profiter d'un alignement planétaire exceptionnel qui ne se produit que tous les 175 ans, la sonde a pour mission initiale d'explorer Jupiter et Saturne. Les images qu'elle renvoie bouleversent notre compréhension du système solaire : découverte des volcans actifs sur Io, analyse détaillée des anneaux de Saturne et révélation de la complexe atmosphère de Titan. Mais son voyage ne faisait en réalité que commencer.

Propulsée par l'assistance gravitationnelle des géantes gazeuses, Voyager 1 a poursuivi sa folle trajectoire vers les frontières ultimes du royaume du Soleil. En août 2012, elle réalise l'impensable : devenir le tout premier objet façonné par l'Homme à franchir l'héliopause pour naviguer dans l'espace interstellaire. Située aujourd'hui à plus de 24 milliards de kilomètres de la Terre, la sonde communique toujours faiblement avec ses créateurs. Elle transporte avec elle le célèbre Golden Record, un disque d'or gravé de salutations en 55 langues, de musiques de Bach et de Chuck Berry, et d'images de notre civilisation, destiné à d'éventuelles intelligences extraterrestres.

Cependant, bien avant que des engins robotisés n'aillent braver le vide cosmique, l'ascension téméraire vers les altitudes extrêmes reposait uniquement sur le courage insensé d'hommes prêts à tout risquer au péril de leur vie.

5 septembre 1862 : Le record d'altitude sauvé in extremis « avec les dents »

Illustration réaliste d'époque victorienne : un immense ballon à gaz au-dessus d'une mer de nuages à
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Ce 5 septembre 1862, sur un terrain de Wolverhampton en Angleterre, le météorologue James Glaisher et l'aéronaute Henry Coxwell s'apprêtent à défier les lois de la physique. Leur objectif ? Percer les mystères de la haute atmosphère à bord de The Mammoth, une immense montgolfière à gaz. Le duo monte à bord en redingote et chapeau, sans le moindre équipement respiratoire ni vêtement pressurisé, emportant seulement des thermomètres et des baromètres pour mesurer la température et l'humidité de l'air.

Mais le ballon est emporté dans une ascension foudroyante et incontrôlable. En moins d'une heure, la nacelle dépasse les 8 000 mètres d'altitude, plongeant dans une atmosphère glaciale à -21 °C où l'air devient irrespirable. Terrassé par l'anoxie et le manque cruel d'oxygène, Glaisher s'effondre, inconscient, au fond de l'osier. Coxwell comprend qu'ils filent vers une mort certaine et tente de tirer sur la corde de la soupape pour libérer du gaz. Horreur : le cordage s'est emmêlé dans les haubans et ses propres mains, gelées et noircies par le froid polaire, sont totalement paralysées.

Refusant d'abandonner, Coxwell rassemble ses ultimes parcelles de conscience, grimpe sur le rebord de la nacelle et parvient à attraper le cordon salvateur entre ses dents. En tirant de toutes ses forces par de violents mouvements de tête, il réussit à ouvrir la valve in extremis. Le gaz s'échappe enfin, le ballon amorce sa descente et les deux miraculés finissent par regagner la terre ferme après avoir atteint l'altitude record estimée à près de 9 000 mètres, réalisant le sauvetage le plus mordant de l'histoire scientifique.

5 septembre : Sainte Raïssa

Sainte Raïssa, également connue sous le nom d'Iraïs, vécut en Égypte au début du IVe siècle, sous le règne de l'empereur romain Dioclétien, une période marquée par de violentes persécutions contre les chrétiens. Fille d'un prêtre chrétien nommé Pierre, elle menait une vie pieuse et retirée.

Un jour, alors qu'elle se rendait à une fontaine pour puiser de l'eau, elle aperçut un navire amarré sur la rive. À bord se trouvaient de nombreux chrétiens (hommes, femmes, moines et prêtres) enchaînés et maltraités, conduits vers la ville d'Antinoopolis pour y être exécutés. Touchée au cœur par la souffrance de ses coreligionnaires et portée par un élan de foi et de solidarité, Raïssa monta spontanément à bord du navire. Elle reprocha aux gardes leur cruauté et proclama haut et fort son appartenance au Christ. Arrêtée immédiatement, elle fut soumise à de violents tourments avant d'être décapitée la première, devenant ainsi un modèle de courage et de dévouement pour sa foi.

Les saints du jour

En plus de Sainte Raïssa, plusieurs autres figures spirituelles sont commémorées le 5 septembre :

  • Sainte Teresa de Calcutta (Mère Teresa), religieuse albanaise naturalisée indienne, fondatrice des Missionnaires de la Charité et prix Nobel de la paix, célèbre pour son dévouement absolu auprès des plus pauvres.
  • Saint Bertin, abbé du monastère de Sithiu au VIIe siècle, grand évangélisateur du nord de la France et de la région de Saint-Omer.
  • Saint Laurent Justinien, premier patriarche de Venise au XVe siècle, réputé pour sa charité et la réforme du clergé.
  • Saint Victorin, évêque et martyr du début du IVe siècle.

Les célébrités portant ce prénom

Plusieurs personnalités notables portent ce prénom ou l'une de ses variantes :

  • Raïssa Gorbatcheva (1932-1999), sociologue et personnalité publique soviétique, épouse de Mikhaïl Gorbatchev, qui joua un rôle important dans la modernisation de l'image de l'URSS.
  • Raïssa Maritain (1883-1960), poétesse, essayiste et philosophe française d'origine russe, figure marquante des cercles intellectuels catholiques du XXe siècle aux côtés de son mari Jacques Maritain.
  • Raisa Andriana (née en 1990), chanteuse et auteure-compositrice indonésienne très populaire, récompensée à de multiples reprises sur la scène musicale asiatique.
  • Raïssa Kelly (née en 1976), chanteuse française qui a connu une immense notoriété au Maroc en chantant en langue tachelhit (chleuh).
  • Raïssa Leï, danseuse et chorégraphe française d'origine marocaine, reconnue pour ses créations mêlant danses traditionnelles et contemporaines.
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