« Quatre porte-avions au lieu d’un » : Bolloré dénonce le scandaleux gaspillage de l’audiovisuel public
Le 24 mars 2026, Vincent Bolloré a été auditionné pendant plus de deux heures et demie par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Le patron de Vivendi et principal actionnaire de Canal+ n’est pas venu pour faire de la langue de bois. Avec son calme habituel et son franc-parler breton, il a livré une performance impressionnante, multipliant les phrases choc qui dénoncent sans détour le coût exorbitant et le gaspillage chronique de l’argent des contribuables.
Au moment où la France impose des restrictions budgétaires à tous les secteurs, où les agriculteurs et les pêcheurs peinent à survivre, où les impôts pèsent toujours plus lourd sur les ménages, Bolloré a osé poser la question que beaucoup évitent : pourquoi continuer à arroser sans contrôle un service public qui accumule les déficits pendant que les chaînes privées, elles, dégagent des bénéfices ?
« Je suis le bouc émissaire parfait »
Dès le début de son intervention, Vincent Bolloré s’est présenté avec une lucidité rare : « Je suis le bouc-émissaire parfait. Je représente toutes les cases que la caste n’aime pas : des origines familiales, des entreprises avec des salariés qui sont heureux de travailler en Bretagne, et même une chapelle dans le jardin ! »
Il a ajouté : « Je suis l’ennemi commun parfait des dirigeants de l’audiovisuel public. » Selon lui, on a besoin de le désigner comme l’adversaire idéal pour éviter de regarder en face les vrais problèmes : la mauvaise gestion, les dépenses incontrôlées et le manque de résultats concrets.
La phrase qui a le plus marqué : quatre porte-avions
La réplique qui a le plus circulé sur les réseaux est sans doute celle-ci : « Le service public me va très bien. Mais dans les moments où on se serre la ceinture, il faut savoir ce qu’on fait de cet argent. On nous parle de ce nouveau porte-avions, le France Libre, qui va coûter 10 milliards… Avec France Télévisions, dans 10 ans vous avez quatre porte-avions ! »
Une image forte et parlante. Bolloré rappelle que le budget de l’audiovisuel public représente environ 4 milliards d’euros par an pour l’État (en incluant France Télévisions, Radio France et Arte). Sur dix ans, cela fait des dizaines de milliards d’argent public, sans réel contrôle ni obligation de résultats. Pendant ce temps, on rogne sur la défense, l’agriculture, la pêche ou les services essentiels aux Français.
Priorité aux agriculteurs et aux pêcheurs
Le milliardaire breton n’a pas hésité à aller plus loin : « Je préfère que vous mettiez le service public à zéro et que vous sauviez les agriculteurs et les pêcheurs. Je ne vois pas pourquoi le service public coûte aussi cher à l’État. »
Un message clair et de bon sens : l’argent du contribuable doit d’abord servir les priorités nationales, pas entretenir une machine bureaucratique qui produit trop souvent des contenus coûteux et peu regardés.
Des réponses cash et sans concession
Face aux questions sur Delphine Ernotte (présidente de France Télévisions), Bolloré a répondu avec ironie : « Que Madame Ernotte ne s’inquiète pas. À mon âge, je ne vais pas aller me faire embaucher chez France Télévisions. De toute façon, je pense que vous ne m’embaucheriez pas. Donc il n’y a pas de problème. »
Sur la liberté de ses médias : « Nous ne sommes pas soumis. Nous sommes libres. Et donc on déplaît. »
Il a également rappelé ses convictions : « Je suis démocrate-chrétien et je crois en la liberté ! Et je crois vraiment en Christ, les gens n’osent plus le dire. »
Un modèle privé qui marche
Pendant que le service public accumule les déficits, les salaires élevés de certains cadres et les rediffusions à répétition, le groupe Canal+ affiche une santé éclatante : 6,42 milliards d’euros de revenus en 2024 et près de 40 millions d’abonnés dans le monde. Pour Bolloré, cela prouve qu’un audiovisuel de qualité peut être rentable sans ponctionner massivement l’argent public.
Il propose des solutions concrètes : passer toutes les dépenses au crible une par une, réduire drastiquement les coûts, et envisager un financement par la publicité plutôt que par l’impôt, comme le font les chaînes privées qui, elles, gagnent de l’argent au lieu d’en perdre.
L’heure des choix est arrivée
Dans un contexte de crise budgétaire, l’audition de Vincent Bolloré a le mérite de mettre les pieds dans le plat. Les contribuables en ont assez de voir leurs impôts financés des structures qui accumulent les dysfonctionnements pendant que les vrais acteurs de l’économie française – agriculteurs, pêcheurs, artisans, entrepreneurs – sont sacrifiés.
Bolloré n’est pas venu pour plaire. Il est venu dire, avec calme et détermination, ce que beaucoup de Français pensent tout bas : le problème n’est pas l’existence d’un service public, c’est son coût démesuré et son manque de rigueur.
Son intervention a déjà fait le buzz sur les réseaux. Elle pose surtout une question essentielle aux parlementaires et au gouvernement : quand va-t-on enfin s’attaquer sérieusement au gaspillage de l’argent public dans l’audiovisuel ?