Noël ne sera pas annulé cette année, ainsi que l'a finalement choisi le président. Cela ne signifie pas qu'il faille célébrer comme les années passées, affirme Stéphane Gayet, médecin des Hôpitaux.
Coronavirus : "Nous ne pourrons pas fêter Noël comme nous le faisions les années passées"Istock
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Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU de Strasbourg. Infectiologue, hygiéniste, il travaille notamment sur les risques associés aux soins dans l'Unité d'éthique clinique.

La deuxième vague est nettement moins forte que l'on ne l'avait estimé et son importance a été exagérée

Retour sur le premier confinement

Le premier confinement avait duré 55 jours, du mardi 17 mars au lundi 11 mai. Les deux principaux indicateurs de morbidité (maladies) pertinents sont le nombre quotidien de personnes nouvellement hospitalisées (en violet) et le nombre quotidien de malades nouvellement admis en réanimation (en bleu turquoise). Cette deuxième courbe est amplifiée d'un facteur multiplicatif de 3,5, afin de la rendre bien visible sur le diagramme. Les véritables valeurs de cette deuxième courbe sont donc obtenues en divisant par 3,5 les valeurs lues.

Le délai moyen d'apparition de l'effet d'une mesure préventive est obtenu en additionnant la durée moyenne d'incubation (soit 5 à 6 jours) et la durée moyenne d'apparition des complications sévères (8 à 9 jours) à partir du début de la maladie.

C'est ainsi que l'on peut voir que la première vague a commencé à décliner très rapidement 14 jours après le début du confinement, soit le 31 mars (première flèche rouge). Il semble donc bien que le premier confinement ait été efficace sur le plan épidémiologique.

Le deuxième confinement a une utilité plus que discutable

Le deuxième confinement a commencé samedi 31 octobre. 14 jours après le début de ce deuxième confinement, nous étions samedi 14 novembre. On voit sur le diagramme que la deuxième vague a commencé son déclin mercredi 4 novembre, soit 10 jours avant le 14 novembre. Il apparaît donc que cette décroissance n'est probablement pas due au deuxième déconfinement. Par ailleurs, il est plus qu'incertain d'en attribuer l'effet au couvre-feu, mesure tout de même nettement moins efficace que le confinement généralisé et obligatoire.

À ces considérations, il faut ajouter trois clefs d'interprétation au sujet de la deuxième vague.

  1. La première est que, contrairement à la première vague, on a hospitalisé les résidants d'EHPAD atteints de la CoVid-19 quand leur état le justifiait (lors de la première vague, la tendance forte était de les "accompagner" sur place avec des anxiolytiques sédatifs de type benzodiazépine injectable). Ceci a contribué à faire augmenter le nombre d'hospitalisations. De plus, quand un transfert était opéré d'un hôpital à l'autre, il était fréquent que l'on compte deux hospitalisations pour la même personne.
  2. La deuxième est que l'indicateur "malades nouvellement admis en réanimation" a embrasé également les malades admis en soins intensifs ou soins continus. Ceci a contribué à faire augmenter l'indicateur.
  3. La troisième est que l'indicateur "personnes nouvellement décédées de la CoVid-19" a embrassé également les malades ayant eu un test RT-PCR CoVid-19 positif, mais décédées d'une autre cause. Ceci a encore une fois contribué à faire augmenter l'indicateur.

Dès lors, on comprend que l'intensité de cette deuxième vague a été artificiellement amplifiée par ces dispositions. Par ailleurs, dans les autres pays d'Europe de l'Ouest, on assiste également au déclin de la deuxième vague.

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