Selon un rapport de l’ONU publié ce vendredi, le monde pourrait connaître une importante pénurie d’eau d’ici une quinzaine d’années si les États ne révisent pas leur façon d’utiliser cette ressource.

Il est encore temps d’agir. Dans un rapport publié ce vendredi, l’ONU appellent à changer radicalement l’utilisation et la gestion de l’eau. Et pour cause : d’ici 2030, la Terre, qui connaît une augmentation significative en termes d’habitants, pourrait être confrontée à une grave pénurie. "Si rien ne change, la planète devrait faire face à un déficit global en eau de 40%" d’ici une quinzaine d’années, comme le souligne le rapport, intitulé "L’eau pour un monde durable".

Une surexploitation de cette ressource

Pourtant, il existe "suffisamment d’eau pour répondre aux besoins grandissants du monde", comme le révèle l’organisation, "mais pas sans changer la façon dont l’eau est utilisée, gérée et partager". En effet, le rapport insiste sur les liens complexes entre accès à l’eau, développement et gestion sur le long terme de la ressource. La lutte contre la pauvreté, qui s’accompagne le plus souvent d’une croissance de la demande, conduit généralement à la surexploitation de l’eau. En Inde, le nombre de puits mécanisés est notamment passé de un million à 19 millions entre 1960 et 2000. Une évolution qui a permis aux habitants de survivre, mais qui a par la même occasion engendré un "stress hydrique important".

9,1 milliards d'habitants en 2050

Si l’agriculture a joué un rôle majeur dans ce constat, l’industrie est aussi de plus en plus consommatrice d’eau. La demande mondiale de ce secteur devrait ainsi augmenter de 400% d’ici 2050. Une augmentation étroitement liée à l’élévation du niveau de vie dans certains pays, et par conséquent à une hausse de la croissance démographique. Il est ainsi prévu que la population mondiale atteigne 9,1 milliards en 2050.

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Ainsi, le rapport, publié quelques jours avant la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, considère que la gestion de l’eau est inadaptée. Afin d’y remédier, le rapport propose certaines pistes pour agir, telles que limiter l’utilisation des centrales thermiques, "très gourmandes en eau", ou encore apporter des aides supplémentaires au profit des agriculteurs choisissant des systèmes d’irrigation performants.

Enfin, le document rappelle que "748 millions de personnes sont toujours privées d’accès à une source d’eau protégée d’une éventuelle contamination". De quoi faire réfléchir.

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