Le principal suspect de l’attentat commis en Isère vendredi dernier réfute la dimension terroriste de son acte. Pourtant, tout indique le contraire.

Alors que Yassin Salhi a reconnu avoir décapité son employeur, il nie toute motivation religieuse. Il a été mis en examen mardi soir pour "assassinat et tentatives d’assassinat en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes".

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Une fiche "S" et une radicalisation

L’auteur du meurtre de son patron faisait l’objet d’une fiche "S" entre 2006 et 2008 auprès des services de renseignement. Il attirait ponctuellement l’attention des renseignements français pour ses liens "avec la mouvance salafiste lyonnaise". Yassin Salhi se serait radicalisé au début des années 2000 auprès de Frédéric Jean Salvi, connu sous le nom du "Grand Ali".

La décapitation, le mode opératoire des djihadistes

D’abord mutique face aux enquêteurs, le présumé terroriste a commencé à parler. S’il a reconnu avoir tué son patron, il affirme avoir agi suite à un différend entre eux. L’homme de 35 ans aurait fait tomber une palette de matériel informatique. Pourtant, la décapitation est une méthode propre à l’Etat islamique. Le présumé terroriste aurait ensuite indiqué qu’il souhaitait se suicider en faisant un coup médiatique et en maquillant son geste en acte terroriste, évoquant des difficultés personnelles liées à son travail et à sa famille.

Des drapeaux islamiques et "Allah Akbar"

Par ailleurs, le suspect avait préparé une mise en scène effroyable. Il avait en effet déposé la tête de son patron à proximité de deux drapeaux, un noir et un blanc, accompagnés d’une mention inscrite en arabe. Il s’agirait de la profession de foi musulmane. De plus, lors de son arrestation Yassin Salhi était en train de crier "Allah Akbar", d’après Le Journal du dimanche.

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Un selfie envoyé à l’instigateur de l’attentat ?

D’autre part, le présumé terroriste a envoyé un selfie des plus macabres à Sébastien-Younes, un djihadiste parti en Syrie en 2014 où il combat dans les rangs de Daech. Sur le cliché, il prenait la pose à côté de la tête de sa victime. D’après la mère du destinataire de la photo, son fils lui aurait envoyé un message où il déclarait être "une des causes dans ce qu’il a fait", comme le rapporte Europe 1. L’enquête de police devrait déterminer l’implication de Sébastien-Younes dans cet attentat.

Le témoignage surprenant de son prof de sport

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Lors d’un entretien  accordé au Parisien, l’éducateur qui a initié le présumé terroriste aux sports de combat a évoqué "un homme doté d’une double personnalité"."Il se laissait taper sans réagir, sans même protéger son visage. Puis il explosait de colère et frappait dans tous les sens avec une rage inouïe. Il était dangereux, pour lui-même et pour les autres. Il ne se battait pas: il faisait la guerre", a-t-il indiqué. D’après lui, Yassin Salhi était une "bombe à retardement".

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