Alors que mercredi soir la chaîne télévisée TV5 Monde a été victime d'un piratage de grande envergure revendiqué par l’État islamique, d'autres médias ont eux aussi été visés par le passé.

La guerre numérisée. Mercredi soir, les chaînes, le site Internet ainsi que les comptes Twitter et Facebook de TV5 Monde ont été victimes d'une cyberattaque de grande ampleur. Empêchant la chaîne de télévision francophone d'émettre pendant trois heures et confisquant le contrôle de ses pages Internet, l'attaque perpétrée par le groupe CyberCaliphate n'est pas une première. Si certains évoquent une ampleur sans précédent, reste que d'autres actions ont déjà été intentées contre des médias numériques.

"TV5 Monde" : une attaque exceptionnelle

Une attaque "totalement sans précédent dans l'histoire de la télévision", a déclaré à l'AFP Yves Bigot, le directeur général de TV5. Et pour cause, mercredi soir, les téléspectateurs se sont retrouvés nez à nez avec un écran noir, de 22 heures à 1 heure du matin. Plus encore, le site Internet et les réseaux sociaux de la chaîne ont émis des messages de propagande djihadiste.

Le groupe islamique CyberCaliphate, qui se revendique de l'Etat islamique, ne semble pas avoir choisi sa proie au hasard. "En s'attaquant à TV5 Monde, le ou les auteurs de cette attaque savaient que leur geste aurait un impact considérable", a indiqué la chaîne sur son site Internet ce jeudi. En effet, elle revendique 35 millions de téléspectateurs par semaine à travers le monde, avec des sous-titres dans 12 langues différentes.

"Le Monde" : l'attaque de l'Armée électronique syrienne

Comme l'explique Le Figaro, les entreprises médiatiques ne sont pas des cibles comme les autres. Communiquant à outrance, parfois dans l'urgence, elles sont perméables aux cyberattaques. Visibles de surcroît, elles sont logiquement visées lorsqu'il s'agit de faire de la propagande.

En janvier, le compte Twitter ainsi que le site Internet du Monde avaient été victimes de plusieurs tentatives d'attaque. Si aucune propagande n'était parue sur le site Internet, le média avait perdu le contrôle de son réseau social dans la nuit du 20 au 21 janvier. Revendiquée par l'Armée électronique syrienne, le bras armé du régime de Bachar Al-Assad sur Internet, l'intrusion avait permis la publication de plusieurs photos et slogans. On pouvait alors apercevoir des moutons avec une pancarte "Je suis Charlie" à la main, ou encore le slogan : "La liberté d'expression n'est pas mieux que la liberté de religion".

"Newsweek" : CyberCaliphate

Avant de s'attaquer à TV5 Monde, les pirates de CyberCaliphate s'en étaient pris au magazine américain Newsweek. Le 10 février dernier, ce groupe se revendiquant de l’État islamique avait posté une dizaine de messages de propagande sur le compte Twitter du média. Les annonces pro-djihadistes comportaient même une menace envers la famille du président Barack Obama.

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A noter qu'à l'international et en Corée du Sud précisément, une attaque d'ampleur avait été enregistrée en mars 2013. Paralysant les réseaux informatiques de plusieurs chaînes de télévision, l'attaque avait été attribuée à la Corée du Nord.

Vidéo sur le même thème - Cyberattaque sur TV5 Monde : son directeur Yves Bigot réagit 

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