Ce mercredi, un enfant de 8 ans était auditionné dans un commissariat de Nice pour "apologie d'acte de terrorisme". Retour sur les protagonistes de cette affaire controversée.

Le mercredi 28 janvier, un écolier de Nice a été interrogé durant 30 minutes par des policiers. En cause, des propos de soutien aux terroristes du début d'année. "Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes", a déclaré l'enfant selon Nice Matin. Le directeur de l'école a alors signalé les propos à la police mais n'a pas porté plainte. Dès le lendemain, associations, politiques et parents d'élèves se sont exprimés sur une affaire devenue polémique.

L'avocat s'indigneL'avocat de la famille, Me Sefen Guez Guez, s'est immédiatement révolté. Par de très nombreux messages sur Twitter, l'avocat a retranscrit des extraits de l'audition de l'enfant. A la question "qu'est ce que veut dire le mot terrorisme pour toi ?", l'enfant a répondu "je ne sais pas". Enfin, quand la police lui demande s'il a bien dit que les journalistes méritaient la mort, "c'est faux, j'ai jamais dit ça", s'est défendu Ahmed. L'avocat a entre autre lancé des accusations à l'encontre du directeur de l'établissement scolaire.L'Obs rapporte des propos du magistrat : "On ne lui (Ahmed) donne pas son insuline à l'heure prévue, en lui disant 'tu souhaites la mort aux autres, pourquoi tu ne mourrais pas ?'".

Mais l'avocat n'est pas le seul à s'indigner face à la situation. Le Collectif contre l'islamophobie en France a estimé mercredi que l'audition "illustre l'hystérie collective dans laquelle la France est plongée depuis début janvier". Des parents d'élèves ont été interrogés par France 3. "Faut arrêter le délire !", a dit un père énervé, tandis qu'une mère d'élève juge qu'Ahmed "a réagi comme ça parce qu'il a entendu cela à la télévision. Cela ne vient pas de lui-même. Un enfant ne pense pas ça".

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Le soutien de plusieurs politiquesJeudi, invité sur le plateau d'iTélé, Eric Ciotti a jugé "normal" que l'enfant de 8 ans soit interrogé par la police. Au cours de l'interview, le député UMP des Alpes-Maritimes a estimé que l'établissement scolaire a "eu les bonnes réactions" en avertissant la police. Et d'ajouter qu'il "y a manifestement un indicateur qui laisse à penser que cet enfant est en danger". Chez les socialistes aussi on défend la décision de l'équipe pédagogique. Najat Vallaud-Belkacem a déclaré aux médias : "cette équipe a bien fait de se comporter ainsi. Son travail de pédagogie est évidemment une œuvre utile". Seul Thierry Mandon, le secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat s'est montré moins solidaire en déclarant sur iTélé : "à 8 ans, il y en a des bêtises qui se disent dans la cour d'école".

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