Cécile Duflot sort un livre lundi 25 août mais Le Nouvel Observateur en publie ce jeudi les bonnes feuilles. Entre révélations fracassantes et règlements de compte, l'ouvrage livre un constat très sévère sur le gouvernement. 

"J'ai voté Hollande, cru en lui, et été déçue". Voilà le constat accablant dressé par Cécile Duflot qui publiera lundi 25 août Voyage au pays de la désillusion livrant un témoignage cinglant de son expérience au sein du gouvernement. Le Nouvel Obs en a publié les bonnes feuilles, et les citations qui en sont extraites sont particulièrement acerbes à l’égard de ses anciens collègues.

Feu sur Hollande

"A force d'avoir voulu être le président de tous, il n'a su être le président de personne" estime l’ancienne ministre du logement sur la façon qu’a François Hollande de gouverner. Louant néanmoins le "calme" du président qu’elle considère comme étant "sa principale qualité", Cécile Duflot fustige la méthode Hollande. Selon elle, le problème du chef de l’Etat, "c’est de toujours vouloir trouver la solution qui ne fait pas de vagues. Résultat (…), cela crée un tourbillon qui aspire tout le monde vers le fond".

Et l’ex-ministre EELV d’enfoncer le clou : "son principal défaut est de ne pas dire ce qu’il pense". Un constat amer nourrit les désillusions de Cécile Duflot qui regrette que "le renoncement devient la matrice du quinquennat". Mais le président peut se rassurer, son Premier ministre en prend aussi largement pour son grade.

Manuel Valls, "ce mec de gauche qui tient des discours de droite"

Le fossé idéologique qui sépare Cécile Duflot de Manuel Valls est connu de tous. Il n’empêche, pour régler ses comptes avec l’ancien ministre de l’intérieur, l’écologiste n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle décrit ainsi son ancien collègue comme un "obsédé de la politique" qui a un "vrai plan de carrière". Elle estime également que le locataire de Matignon "déploie les même techniques" que Nicolas Sarkozy que sont "la saturation de l’espace médiatique" et la "transgression".

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Pour Cécile Duflot, le Premier ministre n’a ni dans son action ni dans son discours de quoi se revendiquer du côté gauche de l’échiquier politique. Elle fait également part de sa "sidération" après les propos tenus par Manuel Valls déclarant que les Roms avaient vocation à rentrer en Roumanie et en Bulgarie. "A force de reprendre les arguments et les mots de la droite, de trouver moderne de briser les tabous, et donc de défendre la fin des trente-cinq heures, de dénoncer les impôts, de s'en prendre aux Roms, de prôner la déchéance de la nationalité pour certains condamnés, de taper sur les grévistes, quelle est la différence avec la droite ?" s’interroge-t-elle. Ambiance.

L’"odieux" Jérôme Cahuzac

Si les mots sont durs envers François Hollande et Manuel Valls sur le plan politique, le portait de Jérôme Cahuzac dressé par Cécile Duflot révèle une profonde animosité entre les deux personnes. Quand elle débarque au gouvernement, elle dit découvrir un homme "odieux et brutal" qui n’hésite pas à la traiter de "crasseuse" quand ce dernier trouve qu’elle ne le défend pas assez contre les révélations de Mediapart.

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Par ailleurs, le compte en Suisse de l’ancien ministre du budget était un secret de polichinelle selon l’écologiste. "L’affaire dure de longues semaines. Des ministres, des déûtés me confient qu’ils savaient depuis longtemps. Je n’en reviens pas" se souvient-elle. La collaboration entre les deux avait d’ailleurs été marquée par des échanges particulièrement tendus.

Le livre sort lundi 25 août donc. Reste à savoir si tous les comptes ont été réglés…

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