Grâce à de nombreux logiciels ou applications, les équipes de communication des candidats en campagne recensent les données personnelles des internautes. Mais la pratique est-elle légale ?

Pétitions, sondages en ligne, pages Facebook et Twitter... tous les moyens sont bons pour récolter des informations sur les internautes qui sont autant d'électeurs possibles. 

En effet, en cliquant sur "j'aime" sur une page Facebook d'un candidat ou en répondant à un sondage en ligne, les noms, prénoms et adresses des internautes sont archivés par les partis politiques. Ces outils de campagne s'appellent des "logiciels de stratégie électorale", explique France Info, qui révèle que "les partis politiques et les élus sont parfois prêts à débourser plusieurs milliers d'euros par mois pour les utiliser".

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Emails, réseaux sociaux, SMS…

Tout cela profite à la start-up française DigitaleBox, qui récolte toutes les informations publiques sur Internet, au profit de partis politiques ou candidats. "À chaque fois que vous commentez ou likez un post Facebook (d'un candidat), à chaque fois que vous avez un nouveau follower sur Twitter, à chaque fois que vous répondez à un formulaire contact sur le site, la donnée arrive directement dans la base", explique à France Info Vincent Moncenis, l’un des cofondateurs de DigitaleBox. Toutes ces données collectées permettent "de créer différents segments qui permettent à l’élu de bien orienter ses communications. Emails, réseaux sociaux, SMS… Il n’a plus qu’à adresser le bon message à la bonne personne via le bon canal", conclut Vincent Moncenis.

Une pratique légale

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Vous vous demandez sûrement si cette technique est légale ? Elle l'est effectivement. Car si la loi informatique interdit le traitement de ces données personnelles, il existe des dérogations applicables aux partis politiques et à toutes les associations qui traitent de politique. Reste que cette pratique, pour autant qu'elle est légale, peut apparaître intrusive. "La question n’est pas de savoir si c’est dans les clous ou pas. La question c’est de savoir si la population veut ça et probablement elle ne le veut pas", souligne Adrienne Charmet de l'association la Quadrature du Net.

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