Le juge français, Marc Trévidic, chargé de l’affaire des moines de Tibhirine assassinés en 1996, s’est rendu à Alger. Les autorités algériennes lui ont donné l’autorisation d’autopsier les têtes des moines. Il n’a cependant pas eu l’accord d’auditionner des témoins.

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Marc Trévidic, juge français chargé de l’affaire des moines de Tibhirine assassinés en 1996, s’est déplacé à Alger. Les causes de leurs morts ne sont toujours pas connues. Il a obtenu l’autorisation d’autopsier leurs têtes en 2014. Leurs corps n’ont eux, jamais été retrouvés.

Dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat des sept ressortissants français tués en Algérie, Marc Trévidic a enfin eu l’autorisation d’autopsier leurs têtes. Le juge français souhaitait également bénéficier du droit d’auditionner des témoins afin d’avancer dans l’affaire. Cela lui a été refusé.

"Je regrette cependant qu'il ne puisse y avoir des auditions dans une affaire qui concerne la mort de ressortissants français", a expliqué Me Baudouin, l’avocat des familles des victimes.Les sept religieux ont été assassinés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 alors qu’ils se trouvaient dans leur monastère isolé près de Madea, au sud de l’Algérie. Seules leurs têtes avaient été retrouvées le 30 mai, au bord d’une route de montagne. Leurs corps restent aujourd’hui toujours introuvables.

Une enquête toujours au point mort

L’acte a été revendiqué par le Groupe islamiste armé (GIA) de Djamel Zitouni. Marc Trévidic a alors, dans un premier temps, pensé à une piste islamiste. Il s’est ensuite dirigé vers une bavure de l’armée algérienne.

Le général François Buchwalter a témoigné à l’ambassade de France d’Alger. Selon lui, les moines ont été tués dans un raid d’hélicoptères militaires tandis qu’ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de jihadistes.

Marc Trévidic demandait depuis deux ans de se rendre en Algérie. Il semblerait que la visite, en décembre dernier, de François Hollande en Algérie puisse avoir permis cette autorisation. Le président français avait évoqué le sujet avec son homologue Abdelaziz Bouteflika. "L'intervention du président Hollande pourrait avoir été déterminante pour permettre au juge français de se rendre en Algérie et d'obtenir un début de coopération", a estimé Me Baudouin.

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Sur place, le juge Trévidic a rencontré le juge chargé de l’enquête algérienne. Ce dernier pourrait assister aux autopsies. Les proches des moines demandaient depuis de longues dates que le juge puisse aller en Algérie afin d'obtenir ces autopsies.

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