Vos assurance-vie et PER toujours menacés malgré le véto des députés : que faire avant le réexamen du texte ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/10/2026
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Face aux tentatives parlementaires d'alourdir la fiscalité de l'assurance-vie et du PER, la fédération France Épargne exige la sanctuarisation stricte de l'épargne des Français.

Les discussions budgétaires s'intensifient au Palais-Bourbon autour du projet de loi de finances pour 2027. Alors que les parlementaires examinent le volet des recettes de l'État, les placements préférés des ménages subissent des assauts fiscaux répétés. Les représentants des épargnants s'organisent pour maintenir les avantages acquis lors des premiers arbitrages.

L'offensive de France Épargne pour verrouiller les victoires des épargnants à l'Assemblée

Dans une lettre ouverte publiée le 21 octobre 2026, la fédération France Épargne, qui rassemble 12 associations et 2 millions de souscripteurs, nous apprend Capital, a interpellé directement les parlementaires. L'organisation réclame une sanctuarisation totale de l'épargne productive. Elle rappelle que "la stabilité fiscale de l'épargne longue, et tout particulièrement de l'assurance-vie est primordiale pour les épargnants et le financement de l'économie."

Cette prise de position fait suite à un premier soulagement obtenu le 16 octobre 2026. En séance publique, les députés ont rejeté plusieurs amendements ciblant l'assurance-vie et le plan d’épargne retraite. Ces propositions écartaient ou relevaient le prélèvement forfaitaire unique, tout en tentant de réintégrer l'assurance-vie dans l'assiette d'un impôt sur la fortune remodelé.

L'urgence du calendrier législatif impose toutefois une veille constante. Les débats sur les recettes reprennent le 27 octobre 2026, avant un vote solennel de première lecture programmé le 3 novembre 2026. L'association redoute une réintroduction de ces amendements lors des prochaines étapes parlementaires.

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Pourquoi l'assurance-vie et le PER sont dans le viseur des finances publiques

Pour justifier sa vigilance, la fédération met en avant l'impact de l'érosion monétaire. Elle souligne qu'une hausse d'impôt frapperait des rendements nominaux déjà amoindris par l'inflation, ce qui réduirait le pouvoir d'achat des épargnants. Selon les estimations de France Épargne, près de 1 Français sur 3 détient aujourd'hui un support d'épargne longue.

Le litige se concentre également sur l'article 23 du projet de loi. Le texte gouvernemental prévoit d'instaurer un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les encours des contrats d'assurance-vie en déshérence. Les associations contestent formellement cette ponction étatique sur des fonds qui appartiennent légitimement à des héritiers non encore identifiés.

L'enjeu macroéconomique reste massif pour Bercy. L'encours global de l'assurance-vie atteignait 2 171 milliards d'euros à la fin août 2026. Le gouvernement affiche officiellement sa volonté de "protéger le modèle de l'assurance-vie et les capacités de financement de l'économie française." Une pression fiscale excessive risquerait en effet de détourner ces capitaux vers des livrets bancaires à court terme, privant ainsi l'État et les entreprises de financements durables.

Ce que les épargnants doivent faire d'ici l'adoption définitive du budget

À ce stade des discussions, le cadre réglementaire ne change pas. Le régime fiscal de l'assurance-vie préserve ses abattements annuels sur les rachats de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple après huit ans de détention. De même, l'abattement successoral historique de 152 500 euros par bénéficiaire demeure pleinement applicable.

Les spécialistes déconseillent de céder à la panique en orchestrant des retraits anticipés ou des arbitrages précipités. Le parcours du texte doit encore franchir l'examen du Sénat et les tractations d'une commission mixte paritaire avant toute promulgation.

Une action immédiate s'avère toutefois recommandée : la vérification des contrats anciens. Pour écarter le risque de qualification en déshérence et éviter la taxe ciblée de 17 %, les souscripteurs doivent actualiser leurs coordonnées ainsi que celles de leurs bénéficiaires auprès de leurs assureurs.

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