Vague d'arnaques aux impôts : les cybercriminels à l'affût du solde de septembre

Publié par Stéphane Leduc
le 22/09/2026
Smartphone au premier plan affichant un faux SMS de remboursement d'impôt.
New Planet Media
Photo d'illustration
Alors que le solde de l'impôt sur le revenu est prélevé ce 25 septembre, une vaste vague d'escroqueries par courriel et SMS cible les contribuables pour subtiliser leurs coordonnées bancaires.

Ce vendredi 25 septembre marque un rendez-vous fiscal majeur pour des millions de ménages, mais aussi pour les réseaux d'escrocs en ligne. Ces derniers profitent des doutes entourant les avis d'imposition pour tromper les usagers et dérober leurs identifiants. 

Bercy et les services spécialisés intensifient leurs alertes face à la recrudescence de ces tentatives d'hameçonnage.

Le calendrier fiscal pris pour cible lors des prélèvements du 25 septembre

L'échéance officielle sert de levier direct aux pirates informatiques. Ce vendredi 25 septembre, 13,8 millions de foyers fiscaux font face au prélèvement du solde de leur impôt sur le revenu. Selon les statistiques de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), le montant moyen restant dû s'élève à 1 798 euros pour les ménages concernés. L'administration applique une règle mécanique stricte : pour une somme inférieure à 300 euros, le fisc opère un prélèvement unique. 

Si la somme excède ce montant, le paiement s'étale automatiquement sur quatre échéances programmées en septembre, octobre, novembre et décembre.

Cette période crée un effet d'aubaine pour le cybercrime. Les contribuables surveillent attentivement leurs relevés bancaires et leur boîte de réception, ce qui abaisse leur méfiance face aux sollicitations financières. Les fraudeurs exploitent cette incertitude pour entretenir la confusion entre un prélèvement légitime, un prétendu avis de régularisation et la promesse fictive d'un crédit d'impôt oublié.

Décryptage de l'offensive cyber et des méthodes des fraudeurs

La manœuvre la plus répandue repose sur l'annonce d'un faux remboursement ou d'un prétendu « trop-perçu ». Les pirates diffusent massivement des SMS frauduleux et des courriels invitant à réclamer une somme en cliquant sur un lien externe. 

D'après Cybermalveillance.gouv.fr, le principe officiel ne souffre aucune exception : « Si vous bénéficiez d'un remboursement d'impôt, celui-ci est versé automatiquement sur le compte bancaire enregistré auprès de l'administration fiscale. Aucun paiement de frais ni validation par carte bancaire ne vous sera demandé pour en bénéficier. »

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D'autres messages jouent la carte de l'intimidation agressive via de faux rapports d'audit fiscal ou des menaces de majorations immédiates. Les victimes sont sommées de régler un prétendu arriéré sous 48 heures pour éviter des poursuites d'huissier. Ces manœuvres tombent sous le coup de l'article 313-1 du Code pénal, punissant l'escroquerie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. 

Enfin, la ruse du faux conseiller bancaire fait des ravages : des escrocs réutilisent des données dérobées pour appeler la victime, prétexter une opération frauduleuse de la DGFiP et la convaincre d'effectuer un virement vers un faux compte sécurisé.

Les réflexes de défense indispensables pour protéger son compte

Des indices précis permettent d'identifier ces pièges immédiatement. L'administration communique exclusivement avec l'extension @dgfip.finances.gouv.fr et via le site sécurisé impots.gouv.fr. Selon la DGFiP, une règle absolue protège les contribuables : « Le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour le paiement d'un impôt ou le remboursement d'un crédit d'impôt, ni pour compléter vos coordonnées personnelles. »

Pour écarter tout risque, les usagers ne doivent jamais cliquer sur les liens reçus, mais ouvrir manuellement leur navigateur pour se connecter à leur espace particulier. Face à un message suspect, il convient de transférer le SMS au 33700 ou de signaler la tentative sur le portail Pharos et la plateforme THESEE. Les usagers hésitants peuvent également contacter le standard officiel non surtaxé de l'administration au 0 809 401 401. En cas de transmission involontaire de coordonnées bancaires, contacter immédiatement sa banque pour faire opposition reste la seule parade efficace.

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