Une femme vit plus de 50 ans avec une tasse Barbie coincée dans les poumons !

Publié par Matthieu Chauvin
le 01/09/2026
Radiologie
Istock
Après cinquante-et-un ans d'infections pulmonaires inexpliquées, des médecins canadiens ont retiré une tasse de dînette Barbie logée dans les bronches d'une patiente depuis son enfance.

Cette folle histoire nous est rapportée par Femme Actuelle. Une errance médicale de plus de cinq décennies vient de trouver son dénouement au Canada. Une équipe de pneumologues de l'Université de Colombie-Britannique a documenté dans la revue scientifique Case Reports in Pulmonology une intervention inédite ayant permis de soulager une patiente victime d'infections respiratoires à répétition.

Une découverte médicale record après 51 ans d'errance

Âgée de 59 ans, la patiente subissait depuis plusieurs années des pneumonies récidivantes et de multiples séjours à l'hôpital. L'origine du mal remontait pourtant à ses 8 ans, lors d'un jeu d'enfant où elle avait accidentellement avalé un élément d'un service de poupée miniature.

Les spécialistes ont finalement localisé puis extrait le corps étranger grâce à une bronchoscopie souple. L'objet, une minuscule tasse en plastique, était niché dans les segments RB9 et RB10 de la base du poumon droit. L'équipe médicale composée notamment de Saif-El-Din El-Akkad, Michael Brown et de la docteure Renelle Myers confirme qu'il s'agit du plus long cas de rétention bronchique jamais documenté : "Nous rapportons le plus long cas documenté de corps étranger resté dans les voies respiratoires à ce jour : une femme de 59 ans ayant inhalé une tasse de maison de poupée Barbie en plastique à l'âge de 8 ans, soit 51 ans plus tôt."

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Pourquoi le corps étranger a échappé aux diagnostics

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi cet objet a trompé le corps médical durant un demi-siècle. Le plastique miniature présente la particularité d'être radiotransparent : il laisse passer les rayons X et n'apparaît donc pas sur les radiographies pulmonaires classiques.

Un biais diagnostique a également orienté les soignants vers de mauvaises pistes. La patiente ayant fumé par le passé, bien qu'elle ait arrêté depuis plus de trente ans, ses détresses respiratoires ont longtemps été attribuées à tort à une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). De plus, la forme conique de la tasse permettait à l'air de continuer à circuler partiellement, entraînant une longue phase sans symptômes sévères durant l'adolescence et le début de l'âge adulte avant que les complications ne reprennent.

Toux chronique et fausse route : les signaux d'alerte à surveiller

Ce cas clinique démontre la nécessité de surveiller certains symptômes persistants. Des pneumonies survenant de manière répétée sur le même lobe pulmonaire, des atélectasies ou une toux rebelle doivent inciter à la vigilance. Le rapport précise d'ailleurs que "la patiente a finalement reçu cinq cures d'antibiothérapie au cours des huit mois précédant notre évaluation" sans obtenir d'amélioration durable.

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Face à une anomalie respiratoire inexpliquée, mentionner à son médecin traitant tout souvenir de fausse route survenu dans l'enfance s'avère déterminant. Lorsque les radiographies standards ne montrent rien, la prescription d'un scanner thoracique et la réalisation d'une endoscopie bronchique restent les examens de référence pour repérer et extraire un corps étranger ancien.

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