Un rapport officiel juge "insoutenable" le nombre de maternités en France
Remis aux autorités sanitaires ce mardi 29 septembre 2026, un rapport officiel dresse un constat sévère sur l'organisation des soins périnataux en France. Ce document choc consulté par le JDD remet en question la répartition actuelle des structures sur le territoire et propose une refonte profonde du réseau obstétrical.
Un rapport d'experts préconise de fermer plusieurs maternités
La mission ministérielle menée par le professeur Loïc Sentilhes, la docteure Marie-Pierre Bonnet et la docteure Elsa Kermorvant tire la sonnette d'alarme. Selon leurs conclusions, la France ne peut plus maintenir l'ensemble de ses blocs d'accouchement ouverts. Le document qualifie l'organisation actuelle de "modèle devenu insoutenable" face aux tensions hospitalières.
La baisse continue des naissances et le manque criant de praticiens fragilisent les petits établissements. D'après les auteurs, "le maintien d'un nombre important de maternités à faible activité mobilise des ressources humaines disproportionnées pour assurer une permanence des soins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7." L'Hexagone compte aujourd'hui 457 maternités, mais plusieurs tournent à faible régime.
Pour cibler les structures concernées, les experts demandent l'instauration d'un "référentiel national" fondé sur "la sécurité des soins." Ce barème prendra en compte le volume annuel d'accouchements, les incidents déclarés, l'isolement géographique et les pénuries d'effectifs pour statuer sur les fermetures nécessaires.
Sécurité des soins contre déserts obstétricaux : la fracture territoriale s'élargit
Le principal argument des spécialistes repose sur la qualité de la prise en charge. La pénurie de sages-femmes, de pédiatres, d'anesthésistes et d'obstétriciens impose des gardes épuisantes aux équipes en place. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, le taux de mortalité infantile s'élève à 4,1 ‰ en France, reléguant le pays après le vingtième rang européen. Les praticiens rappellent qu'un bloc sans personnel suffisant met en péril la réactivité face à une hémorragie de la délivrance.
Cette approche suscite une vive opposition des élus locaux et des collectifs d'usagers en milieu rural. Ces derniers dénoncent le risque d'aggraver les déserts médicaux et redoutent des accouchements inopinés sur la route lors de trajets prolongés.
Pour atténuer ce choc, la mission recommande la transformation des sites fermés en "centres périnataux de proximité." Ces antennes, dépourvues de salles de travail, assureront le suivi gynécologique, les consultations prénatales et l'orthogénie, complétées par des moyens d'évacuation sanitaire renforcés.
Les répercussions pratiques pour le parcours des futurs parents
Ces restructurations modifient les habitudes des familles sans interrompre le suivi médical de base. Les consultations de grossesse, les échographies, la préparation à la naissance et le suivi post-partum resteront assurés au plus près du domicile, dans les centres de proximité ou en cabinet libéral de sage-femme.
En revanche, l'accouchement demandera davantage d'anticipation. Les futurs parents devront s'inscrire plus tôt au sein d'une maternité de niveau 2 ou 3 et prévoir le temps de trajet pour le jour du terme. Des solutions d'hébergement temporaire à proximité des plateaux techniques sont envisagées pour sécuriser la fin de grossesse des patientes éloignées.
En cas d'urgence ou de travail rapide, le réflexe reste d'appeler le Samu via le 15. Les équipes de régulation adapteront l'envoi des moyens de transport médicalisé pour assister les patientes avant leur admission en maternité.
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