Marine Lorphelin : son témoignage choc sur les violences gynécologiques à l'hôpital

Publié par Julien Pinardi
le 24/04/2026
Marine Lorphelin
Autre
Photo d'illustration
Invitée du podcast d'une grande radio, l’ancienne Miss France Marine Lorphelin a livré un témoignage bouleversant sur les dérives du milieu hospitalier qu'elle a pu constater quand elle était en externat pendant ses études de médecine.

Le 23 avril 2026, l'ex-reine de beauté a dénoncé une réalité inquiétante du système médical français. Ce récit s'inscrit dans la continuité de ses précédentes prises de parole concernant le respect dû aux patientes. En partageant son expérience, elle met en lumière la face cachée de son externat, tristement marqué par des abus répétés.

Un témoignage glaçant : des touchers vaginaux sous anesthésie

Lors de son entretien mené par Xavier de Moulins sur le podcast "Les 1001 vies de... " sur RTL, l'ancienne Miss France a exposé des pratiques choquantes vécues durant son parcours clinique. La jeune femme fustige particulièrement l'usage de "touchers vaginaux" réalisés sur des patientes endormies lors d'interventions chirurgicales. "J’ai été témoin de l’époque où on faisait des touchers vaginaux pendant une anesthésie générale. J’ai déjà vu ces gestes-là donc, oui, ça peut être grave."

Selon ses déclarations, ces actes à visée purement pédagogique s'effectuaient sans aucun accord préalable des principales intéressées. Cette situation traduit, comme elle l'avait déjà fermement souligné dans un documentaire de M6, un évident "manque de respect du corps de la femme."

Miss France à l'hôpital : le poids du sexisme et des préjugés

Mener des études exigeantes avec l'écharpe de Miss France 2013 a grandement compliqué son intégration au sein des services hospitaliers. Ce statut médiatique a régulièrement attiré les comportements déplacés de certains supérieurs hiérarchiques. Dans un message publié sur Instagram, elle rapporte l'enfer quotidien de ses stages : "J’ai eu le droit à des dizaines et dizaines de blagues de cul graveleuses, des questions sur mon intimité, des mains baladeuses et des comportements vraiment inappropriés." 

Fort heureusement, répondant à une question de son interlocuteur, elle rassure : "Je n’ai jamais été agressée, il n’y a jamais eu des choses qui auraient mérité plainte ou pénal."  Mais face à cette hostilité ambiante, le silence s'est imposé comme seule issue de survie. "Il ne faut pas faire de vague si tu veux qu’on valide ton stage", se justifie-t-elle avec amertume.

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La revanche d'une soignante : le diplôme au-dessus de la couronne

Aujourd'hui, la soignante établit une hiérarchie claire de ses succès personnels et professionnels. "Je suis plus fière de mon diplôme de médecin que de la couronne de Miss France", affirme-t-elle sans détours sur RTL. Cette victoire académique dissimule cependant un profond sentiment d'illégitimité, l'obligeant à fournir un effort constant pour prouver sa valeur. 

"Je ressens parfois encore le syndrome de l’imposteur", confie-t-elle au Parisien. D'ailleurs, si elle se destinait initialement à la chirurgie, cette ambiance toxique l'a finalement poussée à s'orienter vers la médecine générale. Cet aboutissement prend tout son sens en mars 2025, lorsqu'elle valide sa thèse avec la mention "Très honorable".

Un engagement pour le mouvement #MeTooHôpital

Désormais médecin diplômée, Marine Lorphelin utilise activement sa notoriété pour soutenir les victimes de violences sexistes et sexuelles. La praticienne avoue "regretter de n’avoir rien dit, de n’avoir pas su quoi faire" lors de ses années de formation. Son combat médiatique vise dorénavant à encourager la relève médicale à refuser ces humiliations systématiques. Elle nourrit le profond espoir que la féminisation croissante des postes de direction finira par faire "disparaître le sexisme à l’hôpital." 

Elle conclut même avec optimisme : "Je pense que les choses ont évolué. Déjà, la libération de la parole a permis aux femmes de dénoncer ce qui se passait. Les hommes aussi, ceux qui étaient concernés, ont pu prendre conscience que les habitudes ou la culture ou l’humour n’excusent pas tout parce que parfois on se cachait sous le 'on a le droit de rigoler au bloc opératoire.' Donc oui, je pense qu’il y a une grosse prise de conscience générale et heureusement celle-ci est arrivée à l’hôpital. Et puis, aussi par la féminisation du métier. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes à responsabilité à l’hôpital dans des postes de chef de service, de direction et heureusement. Il faut que ça continue."

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