TVA sociale : le retour de cette mesure qui pourrait impacter le pouvoir d'achat des retraités
Portée à l'origine par le Medef puis par François Fillon dès 2007, la TVA sociale n'est pas vraiment une mesure de gauche. Mais l'ancien chef de l'État replace le pouvoir d'achat au centre de l'échiquier politique à l'approche de la présidentielle de 2027. Cette initiative marque une rupture majeure avec les positions historiques de sa famille politique et relance un débat fiscal particulièrement inflammable.
Une hausse de la TVA à 24 % pour augmenter les salaires nets de 10 %
Avec la parution de son manifeste Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (éditions Robert Laffont) le 3 septembre 2026, François Hollande pose les bases de son projet pour l'élection présidentielle de 2027. L'ancien président défend un mécanisme fiscal d'envergure : appliquer un relèvement de 4 points du taux normal de TVA, portant celui-ci de 20 % à 24 %. Pour neutraliser l'impact sur les ménages modestes, il propose en parallèle une exonération complète, soit un taux à 0 %, sur les produits alimentaires de première nécessité et les dépenses énergétiques du quotidien.
Les recettes générées par cette surtaxe serviraient directement à financer un allègement des cotisations salariales. Selon les calculs présentés dans son ouvrage, ce transfert fiscal permettrait de dégager une hausse immédiate de 10 % sur le salaire net perçu par les travailleurs. Interrogé sur cette stratégie rapportée par l'AFP, François Hollande résume sa démarche : "L'enjeu, c'est d'unir les Français."
Un revirement doctrinal face aux critiques de la gauche et l'inquiétude des retraités
Cette proposition signe un retournement historique pour l'ancien chef de l'État. Dès l'été 2012, la majorité socialiste sous sa présidence avait voté l'abrogation de la TVA sociale instaurée par Nicolas Sarkozy et François Fillon, fustigeant alors un prélèvement injuste pour les ménages. Quatorze ans plus tard, François Hollande reprend un schéma proche des demandes formulées par le Medef lors de son université d'été fin août 2026, où l'organisation patronale préconisait une hausse de 2,3 points de la TVA, tout en faisant écho aux réflexions menées au sein du bloc central.
Cette ligne transpartisane déclenche une vive contestation au sein de la gauche. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a immédiatement rejeté l'initiative selon l'FP : "Faire l'union avec la droite en commençant par proposer d'augmenter de quatre points la TVA à 20 %, l'impôt le plus injuste en France, ce n'est évidemment pas une option." La France insoumise et les syndicats dénoncent également une mesure régressive. De nombreux économistes soulignent enfin un déséquilibre social majeur : les 17 millions de retraités et les bénéficiaires de minima sociaux subiront la hausse générale des prix sans bénéficier de la baisse des cotisations réservée aux actifs.
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