Tuerie de Chevaline : un rebondissement décisif 14 ans après le mystère ?
L'une des affaires criminelles les plus mystérieuses de ces dernières décennies connaît un nouveau rebondissement en Haute-Savoie. Repêchée par hasard par des baigneurs, une arme de poing fait désormais l'objet d'examens scientifiques poussés au sein de la gendarmerie nationale. Les enquêteurs cherchent à déterminer si cette pièce correspond au pistolet utilisé lors du massacre commis en 2012.
Un pistolet Luger repêché dans le lac d'Annecy et transmis au pôle cold cases
La trouvaille s'est produite le 20 août 2026 dans les eaux du lac d'Annecy. Des vacanciers ont aperçu l'arme immergée avant de la ramener sur la rive et d'alerter immédiatement les forces de l'ordre. Selon les informations communiquées le 31 août 2026 par le parquet de Nanterre, la pièce a été saisie puis transmise aux magistrats du pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), en charge du dossier depuis 2022.
L'arme a été confiée aux spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Les experts entament un protocole complexe de restauration pour traiter l'oxydation provoquée par un séjour prolongé sous l'eau. Les techniciens recherchent d'éventuelles traces d'ADN de contact nichées sous les plaquettes de la crosse ou dans les zones protégées des infiltrations. En parallèle, des tirs d'essai permettront de comparer les micro-stries du canon aux 21 douilles percutées retrouvées sur la scène de crime.
L'arme du crime, clé d'une énigme vieille de quatorze ans
Cette découverte présente une concordance troublante avec les éléments matériels du dossier. L'objet repêché est un pistolet semi-automatique Luger, un modèle ancien de calibre 7,65 mm Parabellum identique au type d'arme d'ordonnance suisse employé par le tireur. Ce type d'équipement figurait depuis les premiers jours au centre des recherches de la Section de recherches de Chambéry.
Le 5 septembre 2012, sur un parking forestier de la Combe d'Ire à Chevaline, plusieurs personnes avaient été abattues avec une méthode d'exécution militaire. L'ingénieur britannique d'origine irakienne Saad Al-Hilli, son épouse Iqbal, sa belle-mère Suhaila al-Allaf ainsi qu'un cycliste savoyard, Sylvain Mollier, avaient perdu la vie sous les tirs. Deux fillettes présentes dans le véhicule avaient survécu à l'attaque.
Pour les magistrats instructeurs, l'identification d'un numéro de série permettrait de solliciter les autorités suisses afin de remonter la chaîne de détention de l'arme, qu'il s'agisse d'un registre militaire ou du milieu des collectionneurs. Une confirmation balistique formelle offrirait enfin un point de départ matériel pour retracer la fuite du tueur vers le bassin annécien.
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