Succession de Philippe Bouvard : à qui revient son immense patrimoine et ses collections ?
Monument de la radio et plus largement des médias, Philippe Bouvard s'est éteint à l'âge de 96 ans à Cannes. Derrière la voix rocailleuse et les bons mots se cachait un homme au train de vie spectaculaire, symbole incontesté de l'âge d'or de l'audiovisuel.
Maintenant que le micro est définitivement coupé, la gestion de sa fortune attire logiquement l'attention du grand public. Comment se prépare la succession d'un homme qui a brassé des millions tout au long de son immense carrière ?
Comprendre le paradoxe Bouvard et sa folie des grandeurs
L'animateur assumait pleinement son statut de grand flambeur. Il résumait d'ailleurs parfaitement son approche de l'argent avec cette formule piquante restée célèbre : "J'ai eu 200 voitures, trois villas avec trois piscines alors que je ne sais même pas nager." Ce goût prononcé pour la démesure a forgé sa légende de journaliste parmi les plus fortunés de l'Hexagone.
Cette soif d'accumuler les richesses s'illustrait par une véritable obsession pour les objets d'exception. Il s'est ainsi constitué une collection impressionnante tout au long de sa vie. Les amateurs retiendront notamment sa mythique Rolls-Royce Corniche, ses nombreuses œuvres d'art acquises à prix d'or ou encore sa majestueuse bibliothèque remplie d'éditions originales introuvables.
Découvrir la stratégie de "désaccumulation" patrimoniale
Pourtant, l'homme de radio a savamment orchestré une "désaccumulation" patrimoniale bien avant sa disparition. Dès l'année 2016, il organise une vaste vente aux enchères publique à Drouot pour se séparer de ses biens les plus prestigieux. Il y disperse pas moins de 4 000 ouvrages, des grands crus classés et même sa fameuse voiture de luxe britannique.
Côté immobilier, la rationalisation est identique. Fini l'immense hôtel particulier parisien et la somptueuse villa cannoise "Katouchka" de 442 m². Il a choisi de finir ses jours dans un penthouse de 100 m².
Plusieurs raisons justifient ce repli stratégique majeur :
- le poids d'une imposition devenue beaucoup trop écrasante ;
- les coûts d'entretien pharaoniques engendrés par des propriétés vides la majeure partie de l'année ;
- l'adaptation nécessaire à ses handicaps physiques (une quasi-cécité et une surdité grandissante) qui rendaient les vastes demeures dangereuses.
Identifier les héritiers directs et le partage de la fortune
Le cercle des bénéficiaires reste extrêmement resserré autour de sa cellule familiale la plus proche. En première ligne figurent Colette Sauvage, son épouse dévouée rencontrée il y a 73 ans, ainsi que leurs deux filles, Dominique et Nathalie.
En France, la succession obéit à des règles extrêmement strictes. Avec deux enfants à charge, la loi impose la fameuse réserve héréditaire : les filles se partagent obligatoirement les deux tiers du patrimoine financier et immobilier de leur père. Le tiers restant a pu être distribué plus librement, selon les volontés testamentaires rédigées par l'animateur.
Enfin, il faut impérativement compter sur un héritage immatériel tout à fait considérable. Les droits d'auteur générés par ses 70 livres édités (on parle de 50, ou 60 comme il l'affirmait lui-même, la succession tranchera) et l'exploitation commerciale de la marque "Bouvard" constituent des actifs très précieux. Ces revenus différés profiteront durablement à la génération suivante, composée de ses quatre petits-enfants et de ses deux arrière-petits-enfants.
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