Souveraineté alimentaire : ce géant français des pâtes va devenir portugais

Publié par Matthieu Chauvin
le 19/10/2026
Panzani
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© Panzani
Le leader tricolore des pâtes Panzani s'apprête à passer sous pavillon portugais après l'ouverture de négociations exclusives entre son propriétaire CVC Capital Partners et le groupe Cerealis.

Une page majeure s'ouvre pour le fabricant historique de pâtes alimentaires. Annoncée le 16 octobre 2026, cette opération d'envergure prévoit de regrouper les deux entreprises agroalimentaires pour bâtir un nouvel acteur de premier plan à l'échelle européenne. L'alliance attend désormais l'approbation des instances représentatives du personnel et le feu vert des autorités de régulation. Et interroge sur la souveraineté alimentaire française prônée à gauche comme à droite, malgré les promesses engagées par tous les acteurs de l'opération.

Panzani s'allie à Cerealis pour créer un géant européen

Le fonds d'investissement britannique CVC Capital Partners a officialisé l'ouverture de discussions exclusives avec le groupe agroalimentaire portugais Cerealis, soutenu par ses familles fondatrices et la société d'investissement belge Sofina, révèle Capital. Cette alliance donnera naissance à un poids lourd valorisé à 1,8 milliard d'euros, représentant un chiffre d'affaires combiné de près d'un milliard d'euros, dont 620 millions d'euros issus de Panzani et 400 millions d'euros réalisés par Cerealis sur l'exercice 2025.

La restructuration capitalistique prévoit un passage de témoin. L'entité portugaise et ses partenaires prendront le contrôle opérationnel de l'ensemble fort de 1 800 salariés, tandis que CVC Capital Partners conservera une participation minoritaire au capital.

Des ambitions industrielles face à la grande distribution

Ce rapprochement mise sur une complémentarité géographique et sectorielle immédiate. Panzani domine en France, aux Pays-Bas et en Europe centrale avec ses gammes de pâtes sèches, sauces et couscous. De son côté, Cerealis est solidement implanté dans la péninsule ibérique et en Europe de l'Est sur les segments des biscuits, farines et céréales de petit-déjeuner. Selon le communiqué commun officiel, le projet rassemble : "deux entreprises reconnues et complémentaires en termes d'implantations géographiques, de portefeuilles de produits et de savoir-faire industriel". 

L'organisation opérationnelle préservera l'ancrage local. Le siège de Panzani restera établi à Lyon sous l'autorité de son président Albert Mathieu, tandis que la direction de Cerealis demeurera basée à Porto. Les deux groupes mettent en avant "une organisation décentralisée, préservant l'autonomie opérationnelle et industrielle de chacune des deux entreprises."

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Cette massification industrielle permet d'amortir la hausse des coûts des matières premières agricoles et d'augmenter le pouvoir de négociation des deux marques face aux distributeurs. Pedro Moreira da Silva, dirigeant de Cerealis, souligne ainsi : "Le moteur principal de cette transaction réside dans l'opportunité de s'appuyer sur des gammes de produits, des technologies et des expertises hautement complémentaires."

Quelles garanties pour les consommateurs, l'emploi et le blé français ?

Pour les ménages, la marque Panzani restera omniprésente dans les rayons de supermarché sans bouleversement de recettes. Les consommateurs pourraient progressivement découvrir de nouveaux produits Cerealis, notamment au rayon petit-déjeuner ou biscuiterie, distribués via le réseau logistique français.

Sur le plan industriel, l'opération confirme le maintien intégral des 900 emplois français, des trois sites de transformation et des trois moulins à blé dur situés dans l'Hexagone, notamment à Marseille et Nanterre. Jusqu'à quand ?

Les engagements pris envers la filière agricole sont également reconduits. Panzani réaffirme son approvisionnement en blé dur 100 % français auprès des producteurs nationaux. L'opération reste désormais soumise à l'évaluation des représentants du personnel et au contrôle de l'Autorité de la concurrence avant sa conclusion définitive.

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