Jugés illégaux, les manuels scolaires gratuits de Valérie Pécresse retirés des lycées
La région Île-de-France subit un sérieux revers judiciaire. Le tribunal administratif de Montreuil vient d'annuler son dispositif de manuels scolaires numériques gratuits, déployé massivement dans les lycées franciliens.
La justice exige le retrait des manuels régionaux
Le couperet judiciaire est tombé le mardi 26 mai 2026. Selon le jugement rendu par le tribunal administratif de Montreuil, les décisions de la région Île-de-France portant sur l'édition de ses propres manuels scolaires numériques sont purement et simplement annulées. Toutefois, afin de préserver la continuité de l'enseignement, les magistrats accordent un répit administratif. L'exécution de cette injonction est différée au 30 septembre 2026. Les élèves disposent ainsi d'un délai leur permettant de terminer l'année scolaire en cours avec leurs supports actuels.
Ce programme éducatif concerne directement près de 250 000 lycéens et mobilise environ 15 000 professeurs. Ces derniers utilisent quotidiennement une cinquantaine de "manuels libres" hébergés sur la plateforme Pearltrees. Les associations de parents d'élèves s'inquiétaient déjà d'une éventuelle coupure d'accès aux révisions avant les épreuves du baccalauréat, mais la date butoir de la rentrée offre une garantie temporaire indispensable pour la fin d'année.
Les fondements juridiques d'une décision inédite
Les magistrats estiment que l'édition de contenus éducatifs représente « une activité économique intervenant sur un marché concurrentiel », selon les termes exacts de la décision. En produisant ses propres ressources, la collectivité porte directement atteinte au principe fondamental de la liberté du commerce et de l'industrie.
Pour qu'une telle intervention publique soit légale, la juridiction précise que la région devait prouver l'insuffisance de l'offre privée. Or, le tribunal juge que l'administration n'a pas démontré l'incapacité des maisons d'édition traditionnelles, telles que Hachette, Nathan ou Belin, à fournir des contenus satisfaisants. Cette offensive judiciaire a d'ailleurs été menée par l'association "Les éditeurs d'éducation". L'organisation dénonçait une concurrence déloyale évidente, arguant que les matières couvertes par les manuels régionaux bénéficiaient déjà d'une offre abondante de la part des entreprises privées.
Les lourdes conséquences financières et pédagogiques
Valérie Pécresse tire déjà la sonnette d'alarme face à cette impasse. Selon la présidente de région, cette décision met gravement en péril l'organisation de la rentrée scolaire 2026-2027. L'administration conteste formellement le bien-fondé de ce jugement et annonce faire appel, tout en réclamant un « sursis à l'exécution du jugement » pour geler la procédure. Si la région perd définitivement l'accès à ses ouvrages, elle devra racheter en urgence des milliers de licences commerciales.