Arnaques téléphoniques : les nouveaux préfixes téléphoniques à bloquer absolument
Les fraudeurs ne se contentent plus d'appels hasardeux. Ils s'appuient sur des informations très précises pour s'introduire dans votre quotidien et tromper votre vigilance. En effet, le panel d'informations dérobées lors de récentes cyberattaques permet aux escrocs de vous manipuler avec une facilité déconcertante.
Une escroquerie redoutable, baptisée "vishing" (hameçonnage par téléphone), ravage actuellement les foyers français. Les voleurs adaptent sans cesse leurs méthodes pour contourner les défenses techniques mises en place par les autorités.
Identifier le neighbor spoofing et la menace des données volées
Un inconnu au bout du fil connaît parfaitement votre nom, votre revenu fiscal et même votre IBAN. Cette situation angoissante résultait du piratage massif du fichier national FICOBA en février 2026. Près de 1,2 million de comptes bancaires avaient été exposés. A ceci s'ajoute le piratage de la DGFiP survenu le 13 août dernier, quand 678 438 lignes de données fiscales ont été extraites par le hacker "ZeroBytes". Chaque citoyen risque donc de recevoir un appel téléphonique ultra-personnalisé.
Pour endormir votre méfiance, les malfaiteurs abusent du spoofing. Cette technique informatique astucieuse consiste à usurper une identité téléphonique : l'écran de votre smartphone affiche le numéro réel de votre banque ou du centre des impôts. Une arnaque d'autant plus redoutable que l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) notait déjà une multiplication par 16 des signalements pour usurpation de numéro entre 2023 et 2024.
Maîtriser la liste des nouveaux préfixes téléphoniques suspects
Pour nettoyer la jungle téléphonique, le Plan National de Numérotation encadre strictement les appels professionnels. Depuis 2023, le télémarketing doit impérativement utiliser des préfixes dédiés. Considérez comme suspect tout appel commercial émis en dehors de ces tranches spécifiques :
- 01 62, 01 63
- 02 70, 02 71
- 03 77, 03 78
- 04 24, 04 25
- 05 68, 05 69
- 09 48, 09 49
Prêtez également une grande attention aux appels administratifs utilisant un numéro commençant par 06 ou 07. Selon les nouvelles règles de l'Arcep, les entreprises ont l'interdiction formelle d'utiliser ces numéros mobiles. Un prétendu démarcheur ou banquier qui vous appelle avec un 06 dissimule presque toujours une tentative de fraude.
Notez cependant une exception technique : les préfixes 09 37, 09 38 et 09 39 demeurent réservés aux services logistiques, comme les livreurs de colis ou les chauffeurs VTC. Si un interlocuteur utilisant l'un de ces numéros aborde le sujet de vos impôts ou de votre compte bancaire, raccrochez sans attendre.
Face à la recrudescence des appels frauduleux internationaux, l'autorité des télécoms impose depuis 2026 un masquage automatique. Tout appel provenant de l'étranger utilisant un numéro français non authentifié s'affiche désormais obligatoirement en "numéro masqué" sur votre écran de téléphone.
Éviter le vishing et réagir face aux faux conseillers
Garder la tête froide reste votre meilleure arme face à l'urgence simulée par les escrocs. Mémorisez les bons numéros officiels : le 3230 pour joindre la CAF (parfois affiché +33 32 30 sur les écrans) et le 0 809 401 401 pour Impôts Service.
L'administration publique applique une ligne de conduite inébranlable. "La DGFiP ne demande jamais de coordonnées bancaires ou de mots de passe par téléphone" rappelle le site impots.gouv.fr. Traitez toute requête contraire comme une tentative de vol caractérisée.
En cas de doute persistant lors d'un appel, la méthode de défense reste infaillible : coupez court à la conversation. Raccrochez immédiatement et rappelez l'organisme vous-même en tapant le numéro figurant sur vos correspondances officielles ou sur votre application bancaire.
Passez ensuite à l'action pour protéger les autres usagers. Signalez le numéro suspect sur la plateforme 33700 par SMS, ou déposez un signalement détaillé sur le portail officiel internet-signalement.gouv.fr.
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