Sandrine Bonnaire : elle revient sur les violences conjugales qui l'ont défigurée

Publié par Julien Pinardi
le 30/09/2026
Sandrine Bonnaire
abacapress
© Castel Franck/ABACA
De retour sur scène au Théâtre de l'Atelier, Sandrine Bonnaire revient avec émotion sur les séquelles physiques persistantes causées par les violences conjugales subies au début des années 2000.

Actuellement à l'affiche de la pièce 4.48 Psychose, l'actrice revisite avec pudeur une épreuve intime longtemps tue. Plus de deux décennies après avoir survécu à un déferlement de violence orchestré par son ancien conjoint, Sandrine Bonnaire refuse la posture victimaire et partage sans détour la réalité de ses stigmates corporels.

Des marques corporelles indélébiles

Dans un entretien à La Tribune Dimanche, les confidences de la comédienne rappellent que le temps n'efface pas tous les traumatismes. Au début des années 2000, l'artiste a essuyé une agression d'une sauvagerie inouïe : une triple fracture de la mâchoire, huit dents brisées et la pose définitive de plaques en titane pour consolider ses os faciaux. Aujourd'hui encore, des douleurs maxillaires récurrentes et une vulnérabilité osseuse témoignent de cette agression.

Un retour intense au Théâtre de l'Atelier

C'est avec cette sensibilité à fleur de peau que la comédienne porte le texte radical de Sarah Kane, mis en scène par Jacques Osinski. Cette plongée théâtrale a représenté une véritable épreuve physique et mentale. "J'étais dans un état très fragile et je pensais ne pas pouvoir le faire. Pourtant, cela a été magique", confiait la comédienne dans les colonnes de Madame Figaro, saluée pour une incarnation poignante mais dépourvue de pathos.

Une résilience forgée par la force intérieure

Parallèlement à son incarnation d'un personnage inspiré de la psychiatre Muriel Salmona dans le long-métrage Le Monde à l'endroit, la comédienne refuse de considérer son art comme un exutoire thérapeutique. A la La Tribune Dimanche elle s'explique : "Ma réparation, je l’ai faite parallèlement à mon métier, pas en cherchant des thèmes ou des rôles qui s’en approchent, assure toutefois l’actrice. Si je garde encore des séquelles physiques qui me rappellent ce trauma, j’ai le sentiment de m’être déjà réparée, en tout cas d’avoir tout fait pour me sortir de ça et d’en avoir trouvé la force." Déterminée, elle martèle : "Je suis un roc."

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Une parole nécessaire face au tabou des violences

Ce combat a débuté par un refus de l'emprise, alors que son agresseur tentait de lui faire croire à une chute accidentelle. C'est sur le tournage du film C'est la vie que son partenaire de jeu Jacques Dutronc, sidéré par ses blessures, l'a poussée à consulter et à déposer plainte pour obtenir justice.

Comme le précise le Midi Libre : "L’agresseur a été condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à des réparations financières. La comédienne avait déboursé 35 000 euros de soins dentaires et 20 000 euros de suivi psychologique."  En nommant l'innommable, l'artiste offre un éclairage précieux sur la difficile reconstruction des femmes victimes de violences conjugales. "Un jour je donnerai son nom" affirme l'actrice.

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