Expatriation fiscale : Ces 3 pays européens où votre pension de retraite vaut 30% de plus qu'en France

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 11/08/2026
retraite
New Planet Media
Face à l'érosion du pouvoir d'achat et à la fiscalité des résidences secondaires, de nombreux retraités français envisagent l'expatriation. Découvrez comment le Portugal, la Grèce et l'Espagne permettent d'augmenter mécaniquement votre reste à vivre de 30% grâce à un coût de la vie réduit et des conventions fiscales avantageuses. Voici les clés pour transformer une pension moyenne en un niveau de vie supérieur.

Vous l’avez certainement remarqué : malgré les revalorisations, l’inflation continue de peser sur votre pouvoir d’achat au quotidien.

Courses alimentaires, énergie, assurances, mutuelle ou logement : pour de nombreux retraités, chaque dépense doit désormais être surveillée. Certains envisagent donc une solution radicale pour retrouver des marges de manœuvre : quitter la France et s’installer dans un pays où la vie semble moins chère.

Grèce, Portugal et Espagne figurent parmi les destinations les plus souvent citées. Le climat y est agréable, les déplacements depuis la France restent relativement faciles et ces trois pays utilisent l’euro.

Mais votre pension permet-elle réellement d’y vivre beaucoup mieux ? Et surtout, les économies fiscales promises sont-elles aussi importantes qu’on le prétend ?

La réponse dépend de votre retraite, de votre patrimoine, du pays choisi et des liens que vous conserverez avec la France.

Ce que représente réellement une pension de 1 705 euros

Fin 2024, la retraite moyenne de droit direct atteignait 1 705 euros bruts par mois pour les pensionnés résidant en France, hors majoration accordée aux parents de trois enfants ou plus.

Ce montant moyen cache toutefois d’importantes disparités. La pension moyenne des femmes reste notamment inférieure de 36 % à celle des hommes.

Avec 1 705 euros bruts, vivre confortablement dans une grande ville française peut devenir difficile, notamment lorsque le retraité doit encore payer un loyer.

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Partir en Europe du Sud peut permettre de réduire certaines dépenses, particulièrement dans les villes moyennes et les zones éloignées des grands centres touristiques. Mais il serait trompeur de promettre un gain automatique de 25 ou 30 %.

À Lisbonne, Madrid, Barcelone, Athènes ou dans certaines stations balnéaires, les loyers ont fortement augmenté. L’économie dépendra donc d’abord du lieu précis où vous choisirez de vous installer.

Changer de pays sans changer de type de logement peut parfois effacer une grande partie du gain espéré.

La CSG disparaît-elle vraiment lorsque vous partez ?

L’un des arguments les plus séduisants concerne les prélèvements sociaux appliqués aux retraites.

Pour les pensionnés fiscalement domiciliés en France, la CSG peut atteindre 8,3 %. En ajoutant la CRDS de 0,5 % et la contribution de solidarité pour l’autonomie de 0,3 %, le prélèvement maximal atteint effectivement 9,1 %.

Mais tous les retraités français ne paient pas ce taux. Selon leur revenu fiscal de référence, ils peuvent être exonérés ou soumis à un taux réduit.

Lorsque votre résidence fiscale n’est plus située en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont normalement plus prélevées sur votre pension française.

Cela ne signifie pas que toute cotisation disparaît. Une cotisation d’assurance maladie peut remplacer ces prélèvements si vous continuez à relever obligatoirement du système français. Pour une retraite issue d’une carrière salariée, son taux peut notamment atteindre 3,2 %.

L’économie réelle n’est donc pas nécessairement de 9,1 %. Elle dépend des prélèvements que vous supportiez avant votre départ et de votre situation vis-à-vis de l’assurance maladie.

Quitter la France efface-t-il la taxe foncière ?

Non, si vous conservez un logement en France.

Devenir résident fiscal espagnol, portugais ou grec ne vous exonère pas de la taxe foncière française sur les biens immobiliers dont vous restez propriétaire dans l’Hexagone.

Vous devrez également continuer à déclarer en France les loyers éventuellement perçus sur ces biens. Certains impôts locaux peuvent aussi s’appliquer dans votre nouveau pays de résidence.

L’économie immobilière ne vient donc pas du simple changement de domicile fiscal. Elle apparaît surtout lorsque le retraité vend son logement français, quitte une région particulièrement chère ou s’installe dans une ville étrangère où les prix immobiliers sont réellement moins élevés.

Avant de partir, il faut ainsi comparer :

  • le prix d’achat ou le loyer du nouveau logement ;
  • les impôts immobiliers locaux ;
  • les charges de copropriété ;
  • les assurances ;
  • les coûts de climatisation ou de chauffage ;
  • les voyages réguliers vers la France.

Le billet d’avion ou les longs trajets en voiture peuvent finir par peser lourd lorsqu’on souhaite revenir plusieurs fois par an auprès de sa famille.

La Grèce et son impôt à 7 % pendant 15 ans

Sur le plan fiscal, la Grèce possède aujourd’hui l’un des dispositifs les plus visibles d’Europe.

Les retraités étrangers qui transfèrent leur résidence fiscale en Grèce peuvent, sous certaines conditions, demander l’application d’un impôt forfaitaire de 7 % sur l’ensemble de leurs revenus de source étrangère.

Ce régime peut être accordé pendant 15 années fiscales consécutives.

Pour en bénéficier, il faut notamment ne pas avoir été résident fiscal grec pendant cinq des six années précédant le transfert et venir d’un pays ayant conclu un accord de coopération fiscale avec la Grèce.

Cette « flat tax » peut être particulièrement avantageuse pour les retraités disposant de revenus importants ou de plusieurs sources de revenus étrangers.

Attention toutefois : il ne s’agit pas d’un impôt « plafonné » à 7 %, mais d’un taux forfaitaire de 7 %. Et son application à une pension française doit être examinée avec la convention fiscale franco-grecque.

Une pension conservant son imposition en France ne devient pas automatiquement taxable à 7 % en Grèce.

La Grèce peut néanmoins offrir un coût de la vie intéressant hors d’Athènes et des îles les plus touristiques. Les dépenses de logement, de restauration et de services restent parfois inférieures à celles observées dans les grandes villes françaises.

Le Portugal a-t-il perdu son avantage fiscal ?

Le Portugal a longtemps été présenté comme le paradis des retraités français grâce au statut de résident non habituel.

Ce régime a cependant été supprimé pour les nouveaux résidents à compter du 1er janvier 2024. Des mesures transitoires existent pour certaines personnes ayant engagé leur installation avant la réforme, et les bénéficiaires déjà admis peuvent conserver leurs avantages pendant la durée restante.

Pour un retraité qui prépare seulement aujourd’hui son départ, il ne faut donc plus compter automatiquement sur l’ancien dispositif RNH.

Le Portugal conserve d’autres atouts :

  • une importante communauté française ;
  • une relative proximité géographique ;
  • un climat généralement doux ;
  • un réseau de santé accessible dans les principales villes ;
  • des prix parfois inférieurs à ceux de la France hors des secteurs touristiques.

Mais Lisbonne, Porto et une partie de l’Algarve ont connu une forte hausse du coût du logement. Le Portugal reste intéressant dans certaines villes moyennes, mais il n’est plus systématiquement le pays bon marché décrit il y a dix ans.

Le gain dépendra davantage du logement et du mode de vie que de la fiscalité.

L’Espagne, le choix de la proximité

L’Espagne séduit par sa proximité avec la France, ses infrastructures, son climat et ses nombreuses liaisons ferroviaires ou aériennes.

Pour les retraités qui souhaitent continuer à voir régulièrement leurs enfants et petits-enfants, cette facilité d’accès peut compter autant que la fiscalité.

Les infrastructures de santé espagnoles constituent également un élément rassurant. Les délais, la disponibilité des médecins et les éventuels restes à charge varient cependant selon les régions.

L’Espagne ne propose pas de régime national comparable à la flat tax grecque pour les retraités étrangers. Les pensions imposables en Espagne sont soumises au barème progressif espagnol.

La fiscalité du patrimoine dépend en partie des communautés autonomes. Madrid et l’Andalousie ont accordé d’importants allégements sur l’impôt sur le patrimoine, mais l’existence d’un impôt national de solidarité sur les grandes fortunes rend toute affirmation d’exonération générale hasardeuse.

Pour un retraité disposant d’une pension moyenne et d’un patrimoine ordinaire, l’intérêt de l’Espagne vient donc surtout du coût de la vie dans certaines régions, de la qualité des infrastructures et de la proximité avec la France.

Barcelone, Madrid et les stations balnéaires les plus recherchées peuvent en revanche coûter aussi cher, voire davantage, que certaines villes françaises.

La règle des 183 jours ne suffit pas toujours

On affirme souvent qu’il suffit de vivre plus de 183 jours par an à l’étranger pour ne plus être résident fiscal français.

Cette règle constitue un indicateur important, mais elle ne règle pas à elle seule toutes les situations.

L’administration examine également :

  • le lieu de votre foyer permanent ;
  • l’endroit où réside votre conjoint ;
  • le centre de vos intérêts personnels ;
  • le pays dans lequel se trouvent vos principaux intérêts économiques ;
  • les biens et activités conservés en France.

Une personne passant plus de six mois à l’étranger peut donc, dans certains cas, continuer à être considérée comme fiscalement domiciliée en France.

Lorsque les deux pays revendiquent la résidence fiscale, la convention internationale applicable utilise plusieurs critères successifs pour déterminer l’État de résidence.

Le simple achat d’un logement au Portugal ou en Espagne ne suffit donc pas. Le départ doit correspondre à un véritable transfert de résidence.

Où votre pension sera-t-elle imposée ?

Il est également trop simple d’opposer uniquement les pensions privées, imposées à l’étranger, aux pensions publiques, qui resteraient taxées en France.

Les conventions distinguent généralement plusieurs catégories :

  • les pensions privées ;
  • les pensions obligatoires de Sécurité sociale ;
  • les retraites complémentaires obligatoires ;
  • les pensions versées au titre de fonctions publiques.

L’Agirc-Arrco est, par exemple, considérée par l’administration française comme un régime obligatoire de Sécurité sociale, même s’il s’agit de la retraite complémentaire des salariés du privé.

Selon la convention signée avec le pays choisi, une pension peut être imposable en France, dans le pays de résidence ou, plus rarement, dans les deux pays avec un mécanisme destiné à supprimer la double imposition.

Les pensions publiques restent généralement taxées par l’État qui les verse. Des exceptions peuvent toutefois exister, notamment selon la nationalité du retraité.

Avant tout départ, chaque caisse doit donc préciser la nature exacte de la pension versée.

Le formulaire S1 protège-t-il votre couverture médicale ?

Dans l’Union européenne, le formulaire S1 permet à un retraité de s’inscrire auprès du système d’assurance maladie de son pays de résidence lorsque ses soins restent à la charge d’un autre État.

Un retraité percevant uniquement une pension française peut généralement demander ce document à sa caisse d’assurance maladie avant son départ.

Le S1 doit ensuite être transmis à l’organisme compétent en Espagne, au Portugal ou en Grèce. Il ouvre l’accès aux soins dans les mêmes conditions que les assurés du pays d’accueil.

Le document ne signifie pas que tous les soins seront gratuits. Les règles locales, les délais et les participations financières restent applicables.

La couverture médicale à l’étranger doit donc être étudiée avant le départ, particulièrement en cas de maladie chronique ou de traitement régulier.

Une complémentaire santé ou une assurance privée peut rester nécessaire.

Les cinq calculs à effectuer avant de partir

Une expatriation réussie ne se décide pas à partir d’un simple classement du coût de la vie. Il faut réaliser une simulation personnalisée comprenant :

  1. le montant net de toutes vos pensions après impôts et prélèvements ;
  2. le coût réel du logement dans la ville choisie ;
  3. les dépenses de santé et d’assurance ;
  4. les impôts conservés en France sur votre patrimoine ;
  5. le coût des retours réguliers auprès de votre famille.

Il faut aussi anticiper les successions, les comptes bancaires, l’assurance automobile, le certificat de vie demandé par les caisses et les conséquences d’un éventuel retour définitif en France.

La Grèce peut offrir le régime fiscal le plus spectaculaire. Le Portugal conserve un coût de la vie intéressant dans certaines zones. L’Espagne propose probablement le meilleur compromis entre proximité, infrastructures et douceur de vivre.

Mais aucun pays ne garantit automatiquement une retraite 30 % moins chère.

Le soleil peut améliorer votre quotidien. Pour protéger votre pension, la convention fiscale compte cependant bien davantage que la météo.

Sources

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