Primaire de la gauche : le seul candidat non affilié au PS l'emporte haut la main
La consultation citoyenne "Choisir 2027" a livré son verdict sans laisser de place au doute. L'eurodéputé et fondateur de Place publique s'impose très largement face aux figures traditionnelles du Parti socialiste, actant un virage stratégique pour la gauche modérée. Cette investiture rapide propulse désormais l'élu européen au centre des manœuvres en vue du prochain scrutin élyséen.
Un plébiscite électoral écourté par un jet de farine à Paris
Les organisateurs du scrutin ont proclamé des résultats sans appel. Raphaël Glucksmann l'emporte avec 66,13 % des voix, rassemblant 79 613 suffrages, ce qui rend inutile la tenue d'un second tour. "Il est donc désigné par le vote des inscrits de la primaire Socialistes et Démocrates comme candidat à la présidence de la République", a déclaré Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, termine loin derrière avec 14,48 % des voix (17 398 voix). Viennent ensuite Ségolène Royal avec 7,62 %, Emmanuel Maurel qui récolte 5,92 %, et Jérôme Guedj fermant la marche avec 5,83 %. Malgré une cyberattaque contre la plateforme e-votez imposant un report de vingt-quatre heures, le vote a mobilisé plus de 120 000 participants sur un corps électoral de 140 282 inscrits. A titre d'exemple, en 2012, la primaire ayant élu François Hollande avait rassemblé plus de 2 millions de votants... Celle de Benoît Hamon (dont le score à la présidentielle avait été catastrophique) en avait réuni plus de 1 million.
La célébration a toutefois tourné court dimanche soir vers 22 heures. Alors qu'il quittait son rassemblement dans le 20e arrondissement de Paris pour regagner un véhicule, Raphaël Glucksmann a été la cible d'un jet de farine en plein visage. "Glucksmann, tu feras 2 % et pas un de plus", ont crié plusieurs témoins sur place lors de son départ précipité.
L'acte n'a fait l'objet d'aucune revendication immédiate, mais la classe politique a promptement réagi. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a notamment dénoncé l'agression sur le réseau social X : "La violence n'a pas sa place en politique. Il n'y a pas de petite agression, pas d'atteinte physique qui soit dérisoire."
Ligne autonome et fractures béantes avec le reste de la gauche
Ce triomphe valide la stratégie d'indépendance portée par le vainqueur, rompant définitivement avec toute logique de soumission ou d'accord électoral avec La France insoumise. Cette victoire nette met en minorité la direction du Parti socialiste incarnée par Olivier Faure, qui plaidait pour une alliance large de toutes les forces progressistes. Pour asseoir son autorité, l'eurodéputé a pu s'appuyer sur de puissants relais internes au sein du parti à la rose, parmi lesquels la présidente de la région Occitanie Carole Delga et le député Boris Vallaud.
L'élection du candidat modéré accentue pourtant les divisions au sein de l'espace politique de gauche. Les partenaires historiques ont manifesté leur scepticisme, à l'image de la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, qui a fustigé un "choix de repli", tandis que La France insoumise a multiplié les attaques verbales. Même si les cinq prétendants de la primaire avaient signé une charte commune promettant de soutenir le vainqueur, la base militante reste profondément fracturée.
Devant ses partisans, Raphaël Glucksmann a affirmé vouloir incarner "le candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique et de la démocratie." Désignant immédiatement le camp nationaliste comme sa cible prioritaire pour rassembler les électeurs modérés, il a martelé sa détermination : "Nous allons nous unir pour partir au combat et empêcher les trumpistes, les poutinistes, les xénophobes et les démagogues de s'emparer de la République."
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