Présidentielle 2027 : Édouard Philippe veut réduire la durée du chômage pour cette génération

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/08/2026
Edouard Philippe
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© Vernier Jean-Bernard/JBV News/ABACA
Invité à l'université d'été du Medef ce 27 août 2026, Édouard Philippe a présenté un durcissement drastique des allocations chômage et des arrêts maladie dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027.

Devant les chefs d'entreprise réunis pour la rentrée patronale, l'ancien Premier ministre a exposé une feuille de route résolument libérale. Le président d'Horizons entend réformer en profondeur le modèle social français pour accélérer le retour à l'activité et redresser les finances publiques.

Des mesures de rigueur sur le chômage, la maladie et les successions

À l'occasion de sa prise de parole devant l'Université de rentrée du Medef ce 27 août 2026, Édouard Philippe a lancé une offensive politique ciblée vers le monde économique. Le candidat déclaré pour 2027 a formulé des propositions d'envergure, à commencer par une refonte complète de l'assurance-chômage. Il préconise un alignement sur le modèle allemand en ramenant le plafond d'indemnisation à 12 mois pour les demandeurs d'emploi de moins de 50 ans. "Sur l'assurance chômage, ma direction c'est de faire comme l'Allemagne. Douze mois d'indemnisation maximum pour les moins de 50 ans", a affirmé l'ancien chef du gouvernement, cité par l'AFP.

Le dispositif prévoit également un tour de vis appuyé sur les arrêts maladie courts. Édouard Philippe suggère d'instaurer des jours de carence d'ordre public non compensés par les employeurs ou les régimes de prévoyance : "le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c'est un arrêt ponctuel." Afin de limiter les dérives dénoncées par les chefs d'entreprise, il propose d'imposer un délai incompressible de 3 à 6 mois entre la fin d'un arrêt de travail et la signature d'une rupture conventionnelle.

Sur le plan fiscal, le maire du Havre s'engage à sanctuariser le pacte Dutreil. Ce mécanisme d'exonération partielle lors de la transmission d'entreprises familiales demeure ardemment défendu par le patronat face aux projets d'alourdissement de la fiscalité sur les successions.

Un cap économique libéral assumé pour la course à l'Élysée

Pour justifier cette cure d'austérité sociale, le candidat met en avant l'impératif budgétaire et l'incitation au travail. Édouard Philippe pointe du doigt l'explosion des dépenses de santé, chiffrant le coût annuel des arrêts maladie à 17 milliards d'euros. "L'évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c'est, en valeur, une augmentation de presque 40% entre 2019 et 2025", a-t-il alerté pour soutenir sa volonté de freiner la dépense publique.

Cette proposition marquerait une rupture nette avec les règles en vigueur fixées par l'Unédic. Le système actuel prévoit une indemnisation maximale de 18 mois pour les actifs de moins de 55 ans, abaissée à 15 mois pour les ruptures conventionnelles au 1er septembre 2026. L'instauration d'un plafond strict d'une seule année pour les moins de 50 ans constituerait un recul historique des droits pour de nombreux salariés.

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En assumant cette fermeté programmatique, Édouard Philippe cherche à consolider son assise auprès des entrepreneurs et de l'électorat de centre-droit. Ce positionnement affirmé suscite déjà de fortes réticences du côté des syndicats et des partis de gauche, dessinant les premières lignes de fracture de la campagne présidentielle.

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