Pouvoir d'achat : les propositions d'Édouard Philippe sur les allocations et les impôts

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/10/2026
Edouard Philippe
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
Invité de l'émission politique L'Heure de vérité sur France 2, Édouard Philippe a détaillé un vaste plan économique ciblant les familles et les classes moyennes pour la présidentielle de 2027.

L'ancien Premier ministre a frappé un grand coup sur le terrain du pouvoir d'achat lors de son passage télévisé sur France 2. En rupture avec la politique familiale actuelle, le maire du Havre entend réorganiser en profondeur les aides sociales et la fiscalité des ménages français. Ce projet électoral s'adresse en priorité aux actifs élevant des enfants, bousculant les repères traditionnels de la Sécurité sociale.

Les annonces d'Édouard Philippe pour soutenir les familles et le travail

Pour transformer les aides aux foyers, le fondateur du parti Horizons propose d'accorder 350 euros dès le premier enfant. Cette mesure constitue un changement majeur par rapport aux règles de la Caisse d'allocations familiales (CAF), où le versement de base est nul pour un enfant unique et débute seulement à partir de deux enfants, à hauteur d'environ 152 euros par mois. Le candidat a justifié cette orientation : "Je pense qu'il faut aider, avec une allocation familiale entièrement revue, toutes les familles à partir du premier enfant ", avec "une allocation familiale unique qui permet de verser 350 € dès le premier enfant."

Le second volet concerne un allègement fiscal de 3 000 euros sur trois ans pour les jeunes foyers. Selon ses déclarations sur France 2 : "La deuxième chose, c'est d'accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant [...] en faisant en sorte d'obtenir une réduction d'impôt d'environ 3.000 euros, ce qui permet aux classes moyennes qui travaillent de ne pas payer d'impôt sur le revenu pendant les trois années qui suivront la naissance d'un enfant."  Ce dispositif d'annulation d'impôt vise expressément les classes moyennes actives.

Pour encourager l'activité, l'ancien chef du gouvernement défend également l'exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Cette désocialisation permettrait de dégager jusqu'à 1 000 euros par an de gain net selon les estimations de son parti. "Pour s'en sortir, il va falloir qu'on travaille tous un peu plus", a-t-il martelé, avant d'ajouter une rupture symbolique forte : "Si je suis élu président, je ne vivrai pas à l'Élysée."

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Refonte des prestations, casse-tête budgétaire et cap sur 2027

La mise en place d'une allocation unique suscite de nombreuses interrogations budgétaires alors que les comptes publics subissent une forte pression. Bien qu'Édouard Philippe répète souvent que l'argent magique n'existe pas, il laisse planer des zones d'ombre sur le financement exact. Cette réorganisation globale pourrait conduire à l'absorption ou à la suppression de prestations actuelles, comme la prime de naissance ou divers compléments versés par la CAF.

Cette proposition intervient alors que la démographie française affiche un net ralentissement, avec un taux de fécondité tombé à 1,8 enfant par femme et environ 644 000 nouveau-nés par an. En ciblant les parents qui travaillent mais n'ont pas droit aux aides soumises à conditions de ressources, l'élu cherche à répondre au sentiment de déclassement de ménages exclus de la solidarité nationale dès la première maternité.

Cette offensive marque une étape déterminante pour la stratégie d'Horizons à l'approche du scrutin présidentiel. En dévoilant ses propres marqueurs économiques sur le pouvoir d'achat, Édouard Philippe se démarque nettement du bilan d'Emmanuel Macron et pose ses jalons face à ses futurs rivaux de la majorité et des oppositions.

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