Donald Trump : il se fait livrer du McDonald's à la Maison-Blanche en pleine conférence
Ce coup d'éclat intervient en pleine période de déclaration de revenus aux États-Unis. Le président américain cherche ainsi à démontrer les effets directs de sa politique sur le pouvoir d'achat des travailleurs de la "gig economy" ("l'économie des petits boulots"). Cette démonstration s'inscrit dans un climat tendu jusque dans les rangs des Républicains, à quelques mois des élections de mi-mandat, les fameuses "midterms."
Un déjeuner au Bureau ovale pour promouvoir les baisses d'impôts
Devant les caméras, la scène montre le président recevoir deux sacs McDonald's des mains de Sharon Simmons, une livreuse de l'Arkansas affectueusement surnommée la "DoorDash Grandma." Pour remercier cette travailleuse indépendante loin d'être une inconnue, le chef de l'État lui a tendu un billet de 100 dollars, soigneusement plié et glissé auparavant dans sa poche.
Il a ensuite entamé une discussion avec cette dernière : "Vous avez reçu 11.000 dollars supplémentaires auxquels vous ne pensiez pas avoir droit, car votre facture d’impôt était tellement élevée que le remboursement était le plus important que vous ayez jamais reçu", a affirmé Donald Trump, lui demandant ensuite si elle avait été surprise. Ce à quoi la livreuse a répondu : "C’était très surprenant." Il lui a également demandé si elle avait l'habitude de recevoir de bons pourboires de la part d'autres employés de la Maison-Blanche...
"Est-ce que ça a l'air mis en scène ?", a alors ironisé son locataire face aux journalistes, selon Associated Press. Cette provocation assumée vise un but précis : illustrer les bénéfices immédiats de la "tax season" actuelle pour les employés précaires. Il s'agit de prouver que les promesses électorales sont tenues pour la classe ouvrière américaine.
Le mécanisme d'exonération des pourboires décrypté
Ce spectacle politique s'appuie sur la loi publique 119-21, plus connue sous le nom de "One Big Beautiful Bill" (OBBBA), ratifiée le 4 juillet 2025, nous apprend Le Figaro. Ce texte phare du second mandat présidentiel autorise désormais les professionnels du service à déduire de leur impôt fédéral sur le revenu jusqu'à 25 000 dollars de pourboires annuels. Pour prétendre à cette exonération complète, les contribuables célibataires doivent afficher un revenu inférieur à 150 000 dollars, précise une note du cabinet d'investissement Fidelity datée du 23 mars 2026. Se pose néanmoins la question de l'éligibilité de l'ensemble des métiers de service à ce dispositif exclusif.
Les effets de la mesure "No Tax on Tips" ("Pas de taxe sur ls pourboires") se veulent spectaculaires. Sur le site officiel de l'administration fiscale américaine (IRS.gov), la livreuse Sharon Simmons assure avoir économisé 11 000 dollars d'impôts l'année passée. "'No Tax on Tips' nous fait passer à un autre niveau, en me permettant de conserver une plus grande part des pourboires que je gagne", s'est-elle réjouie dans les colonnes du Journal de Montréal. Globalement, le remboursement fiscal moyen grimpe à 3 462 dollars en 2026, contre 3 116 dollars l'année précédente, indique le site Zonebourse. Une incertitude demeure cependant : le montant des gratifications risque-t-il de baisser si les clients intègrent que les coursiers ne sont plus taxés sur ces revenus ?
Des conséquences limitées par l'inflation et la durée de la loi
D'autres catégories de la population bénéficient de cette réforme tentaculaire. Les seniors de plus de 65 ans profitent d'une déduction supplémentaire de 6 000 dollars, tandis que les familles perçoivent 1 000 dollars via les "Trump Accounts" pour chaque enfant né entre 2025 et 2028, détaille le Journal des Français à l'étranger. Ces mesures généreuses tentent de freiner la chute du parti présidentiel dans les sondages face à la flambée du coût de la vie et à la hausse du prix de l'énergie.
Toutefois, l'impact réel de ces aides soulève des interrogations face à la persistance de l'inflation aux États-Unis. Selon la Banque de réserve fédérale de Saint-Louis citée par Zonebourse, le prix des carburants pourrait anéantir entre 10 % et 50 % des gains fiscaux accordés aux livreurs de repas. Enfin, le spectre d'un choc fiscal plane sur les ménages américains. Comme le souligne le cabinet juridique Ogletree, la majorité de ces déductions demeurent temporaires et s'éteindront automatiquement le 31 décembre 2028. Les contribuables pourraient alors subir un retour brutal de l'ancienne fiscalité.