Mathilde Seigner : son violent coup de gueule contre l'hypocrisie du milieu du cinéma

Publié par Julien Pinardi
le 26/06/2026
Mathilde Seigner
Autre
Quelques semaines après les obsèques de son amie Nadia Farès, Mathilde Seigner exprime sa colère face au comportement opportuniste de certaines célébrités.

En avril dernier, l'actrice disait adieu à son amie de longue date lors d'une cérémonie organisée à l'église Saint-Jean de Montmartre. Leur profonde complicité, nouée notamment sur le plateau de tournage du film Chacun sa vie réalisé par Claude Lelouch en 2017, justifie aujourd'hui une prise de parole particulièrement tranchée. Lors d'un entretien accordé à Europe 1 et Pascal Praud, elle revient sur les coulisses de cet événement tragique.

Un recueillement parasité par les apparences

La cérémonie parisienne destinée à honorer la mémoire de Nadia Farès a laissé un souvenir profondément amer à la comédienne. Elle décrit une atmosphère pesante où le recueillement s'efface au profit de la représentation médiatique. "Il y a une chose qui me fait rire mais qui n'est pas drôle, c'est les gens qui viennent aux enterrements des gens connus."

Plutôt que de s'unir dans la tristesse, certains invités semblaient chercher la lumière. "J’ai vu des gens qui n’étaient là que pour se montrer, pour exister dans l'œil des caméras plutôt que pour honorer la mémoire de Nadia", confie-t-elle à l'animateur.

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Le deuil transformé en avant-première promotionnelle

Au fil de la journée, le mélange des genres opéré par certains membres de la profession a renforcé l'indignation de l'actrice. Les obsèques se sont parfois muées en un lieu d'échanges strictement professionnels, rappelant l'agitation habituelle des tapis rouges. "J'imaginerais mon propre enterrement, ça me fait marrer. 'Ah, j’allais lui proposer ce rôle'... C’est dommage, on aurait dû le faire avant'. Ben elle est où"

Certains participants ont profité du rassemblement pour aborder le placement de futurs projets artistiques. "C'est devenu une avant-première promotionnelle. On y vient pour vendre son truc, pour placer son prochain film entre deux oraisons funèbres. C’est écœurant", déclare-t-elle ouvertement dans les colonnes de 20 Minutes.

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L'indécence des conversations professionnelles

Le cynisme de la situation s'est poursuivi en marge de la cérémonie officielle. Mathilde Seigner rapporte avoir surpris des discussions réduisant la disparition de son amie à de simples problématiques contractuelles.

Les chagrins affichés publiquement masquaient en réalité des calculs froids liés aux agendas. "Ce que j’ai entendu, je ne dirais pas qui, au moment de l’enterrement de Nadia Farès. Des gens qui disaient : ’J’allais la faire tourner, c’est con’. C’est des trucs comme ça que je trouve aberrants", ajoute-t-elle lors de son entretien avec le présentateur de "L'Heure des pros" sur CNews. 

Une prise de distance assumée avec le système

Coutumière d'une expression directe, l'actrice marque ici une rupture définitive avec les codes tacites du cinéma français. Son constat amer dénonce les pratiques d'un système qu'elle juge perverti par les apparences.

En pointant publiquement ces comportements déplacés, elle exprime un rejet catégorique de cette "famille" du divertissement. "Je ne supporte plus ce milieu où tout est faux, où même la mort est récupérée par le marketing", conclut-elle froidement.

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