Jane Birkin : quand elle se plaignait de l'hygiène douteuse de Serge Gainsbourg
Le couple mythique des années 70 fascine encore aujourd'hui. Dans ses écrits intimes publiés chez Fayard, la chanteuse britannique avait partagé les coulisses de leur quotidien atypique à la rue de Verneuil. Derrière le génie musical se cachait un homme aux habitudes domestiques particulièrement singulières.
Un "événement" rarissime : le choc des trois mois sans bain
Dans ses Munkey Diaries parus en 2018 et remis en lumière par Closer, Jane Birkin, qui nous a quittés le 16 juillet 2023, documente la résistance de son compagnon face à l'eau. Le mardi 14 août 1973 marque une date historique pour leur foyer. La Britannique peine alors à faire entrer le chanteur dans sa baignoire. "L'événement de l'année ! Serge a pris un bain ! Le premier en trois mois, son dernier remonte au 13 mai !", note-t-elle. Elle précise à : "Je ne peux pas dire qu'il y soit entré volontairement ni sans résistance, mais il l'a pris."
La théorie du "pur esprit" ou l'art de la toilette par morceaux
Malgré cette aversion pour l'immersion, l'artiste arborait une apparence soignée. Il pratiquait une hygiène à la façon d'un chat, privilégiant l'usage du bidet pour se laver par zones. "Serge était la personne la plus impeccable que j'aie jamais connue. Il se lavait par petits bouts, en discrétion, grâce à un bidet, il ne transpirait pas, je ne lui ai jamais connu la moindre odeur", confiait-elle à Femme Actuelle. Pour justifier cette approche, le musicien clamait dans ses mémoires : "Je suis un pur esprit !"
Le sanctuaire de la rue de Verneuil : l'ordre maniaque contre le laisser-aller personnel
Ce paradoxe s'étendait à son environnement. Si Serge Gainsbourg fuyait la douche, sa maison-musée bénéficiait d'une propreté absolue. Dans son intérieur, chaque objet exigeait un placement millimétré. Ce contrôle de l'espace contrastait avec un complexe profond lié à son propre corps. L'artiste nourrissait une pudeur extrême, exigeant l'obscurité totale dans l'intimité. Jane Birkin révèle ne l'avoir jamais vu "à poil debout." Son entourage analysait cette attitude comme un rejet de l'enveloppe charnelle au profit de l'intellect.
L'émergence de "Gainsbarre" : quand l'hygiène devient le reflet de la chute
Cette dynamique s'altère avec la dégradation liée à l'alcool et l'émergence de "Gainsbarre". Le dandy impeccable cède sa place à une figure provocatrice dont la négligence devient visible. Ces nouvelles habitudes et l'ivresse nocturne finissent par peser sur le couple. Lassée par l'ombre de ce double destructeur, la "petite Anglaise" quitte le domicile en 1980. Malgré cette rupture, elle gardera une tendresse infinie pour cet homme aux paradoxes déconcertants.