Antisémitisme : ce chanteur célèbre doit annuler son concert suite par crainte de débordements
Cette décision de dernière minute relance le débat sur la programmation culturelle en France et rappelle l'affaire Barbara Butch survenue une semaine plus tôt. La polémique enfle entre les organisateurs soucieux d'éviter les débordements et les défenseurs d'une scène musicale préservée des tensions géopolitiques.
Rideau tiré aux Terrasses du Port : une annulation de sécurité
L'événement s'annonçait festif sur le toit-terrasse du célèbre centre commercial marseillais. Amir devait s'y produire lors du festival estival "Sunset Live". La direction a finalement déprogrammé l'intégralité de la soirée du 26 juillet 2026.
Dans un communiqué officiel rapporté par Le Parisien, les organisateurs justifient cette marche arrière par la nécessité de "garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l'ensemble des personnes présentes sur le site." Des appels au rassemblement circulaient massivement sur les réseaux sociaux, poussant les responsables à agir en concertation avec les autorités locales.
La mobilisation des collectifs : Amir dans le viseur
Plusieurs associations, dont l'Union Palestine Marseille (UPM) et Palestine 13, réclamaient l'éviction de l'artiste depuis des jours. Selon l'Association France Palestine Solidarité des Bouches-du-Rhône, les militants lui reprochent d'être un "fervent défenseur de l'armée et de la politique israéliennes" soulignant son passé de "sergent-chef des renseignements de l'armée israélienne."
Après l'officialisation de l'annulation, l'UPM a salué une "victoire de la mobilisation populaire". Le collectif assure dans son communiqué avoir mené une démarche "exclusivement pacifique", relevant d'un "droit démocratique." Là encore, les évènements violents qui ont amené Barbara Butch à interrompre son concert samedi dernier permettent de douter de cette démarche "pacifique."
Loi de l'intolérance et chasse aux artistes : le camp de l'indignation
Le monde de la culture s'insurge contre cette censure militante. L'ancien ministre de la Culture Jack Lang a fustigé une "loi hideuse de l'intolérance", selon une déclaration relayée par TF1 Info. De son côté, le CRIF Marseille Provence dénonce une situation alarmante : "Sous prétexte de liberté d'expression et de boycott prétendument pacifique ces organisations imposent progressivement leur loi à la vie culturelle."
Un paradoxe pour celui qui avait représenté la France à l'Eurovision en 2016 avec "J'ai cherché", un hymne rassembleur et résilient. Le directeur général du label Parlophone, Antoine Gouiffes-Yan, souligne d'ailleurs à l'AFP que l'interprète "chante la concorde, la paix et l'union des peuples (…) il n'y a rien qui justifie qu'on appelle au boycott".
Un climat de tension croissante pour les scènes françaises
Le cas d'Amir s'inscrit dans une série d'incidents similaires. Le 18 juillet 2026, un DJ-set de l'artiste juive Barbara Butch subissait une interruption violente à Grenoble menée par des militants propalestiniens et LFI. La sanctuarisation des scènes face aux conflits internationaux devient un défi majeur pour les programmateurs. Face à ce que le CRIF national nomme une "chasse aux artistes juifs ou engagés contre l'antisémitisme", l'institution demande une intervention ferme du ministère de la Culture.
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