Alain Chabat : il tacle la patron de Canal + et soutient le mouvement "Zapper Bolloré"
Cette prise de parole intervient alors que le monde du cinéma s'inquiète de l'influence grandissante du milliardaire breton. Face aux menaces de boycott émises par la chaîne cryptée, de nombreuses voix s'élèvent pour défendre l'indépendance artistique. Une situation qui ravive les tensions au sein même de la famille historique de la télévision française.
Alain Chabat dénonce un « coup de pression à deux balles »
Interrogé par l'AFP ce jeudi 21 mai 2026 lors de la présentation du film Vertige sur la Croisette, l'acteur a condamné l'attitude de sa chaîne de cœur. Il juge la réaction des dirigeants inadaptée face aux craintes des professionnels du secteur. "Il y avait plein de manières de réagir à ce truc-là. Mais de là à rajouter ce coup de pression à deux balles à des gens qui donnent une opinion, ou en tout cas qui ont une inquiétude, légitime ou pas...", confie-t-il à l'AFP. Malgré sa fermeté, l'ancien Nul temporise et affirme selon Le Parisien "comprendre" que les équipes de Canal+ aient pu se sentir heurtées par le manifeste.
L'effet boomerang : l'explosion des signatures internationales
Les déclarations de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, ont mis le feu aux poudres. Le dimanche 17 mai, ce dernier expliquait : "Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste. Pour moi, la limite est là. Je ne peux pas accepter de collaborer avec eux." Résultat, le texte publié le 11 mai a vu ses soutiens passer de 600 à plus de 3 460 en 24 heures, rapporte La Provence.
L'affaire a pris une envergure mondiale. Selon Libération, la menace d'une liste noire a provoqué un tel vent de panique que des attachés de presse cannois ont demandé à leurs talents de cacher tout signe d'appartenance au collectif. En réaction, des stars hollywoodiennes comme Javier Bardem ou Mark Ruffalo ont rallié le mouvement.
Le déchirement des "Nuls" et la réaction politique
Cette affaire expose publiquement les divisions entre les fondateurs de l'esprit Canal. À l'opposé d'Alain Chabat, Dominique Farrugia a choisi de défendre la direction. "J’apporte tout mon soutien à Maxime Saada et aux équipes cinéma de Canal. J’ai longtemps travaillé avec eux et je sais ce que le cinéma français leur doit", a-t-il affirmé sur X. L'État a dû s'immiscer dans le débat. Lors des questions au gouvernement le 19 mai, la ministre de la Culture Catherine Pégard a jugé la posture de la chaîne "disproportionnée."
Les enjeux financiers d'un bras de fer historique
Le conflit repose sur une solide dépendance économique. Avec 160 millions d'euros investis pour 2026, Canal+ demeure le premier bailleur de fonds du cinéma français. L'inquiétude des frondeurs se cristallise autour du rachat total du réseau UGC par le groupe Bolloré planifié pour 2028, une opération perçue comme une future emprise sur la chaîne de production. Fatigué par ce climat de tension, Alain Chabat résume son sentiment d'asphyxie face à l'AFP : "On est coincé entre LFI et le RN. Il faut choisir en permanence, mais je ne suis d'accord avec rien."