Affaire Patrick Bruel : au tour d'une ancienne Miss d'accuser le chanteur

Publié par Julien Pinardi
le 08/05/2026
Patrick Bruel
Capture vidéo
© Sweetpixel / Nicolas Roucou / Elephant International
Ce 8 mai 2026, l'affaire Patrick Bruel prend une ampleur inédite avec la publication d'une seconde enquête de Mediapart où une ancienne candidate de Miss France et quatorze autres femmes dénoncent des agressions sexuelles.

Depuis les premières révélations, le dossier judiciaire entourant le chanteur ne cesse de s'alourdir. Entre récits de soumission chimique présumée et investigations en cours, cette nouvelle vague de témoignages ébranle fortement le milieu du spectacle.

Florima Treiber : le récit d'une rencontre passée de la "séduction" à l'effroi

En décembre 2007, Florima Treiber croise la route de l'artiste lors de l'élection de Miss France, alors qu'elle n'a que 20 ans, et lui 48. Selon Mediapart, Patrick Bruel note ses coordonnées en coulisse. "Je voulais percer dans le mannequinat, je me suis dit : 'C'est génial, il a vu mon potentiel sur scène, il croit en moi'" témoigne-t-elle. 

L'année suivante, après la cérémonie des Molières, la jeune femme accepte de prendre un verre au domicile de la star, espérant échanger sur son avenir professionnel. Le contraste est alors saisissant avec le prestige de la soirée qu'elle venait de quitter. La situation aurait rapidement basculé. "J'attends une discussion professionnelle, artistique, mais on arrive dans la chambre et il s'assoit sur son lit, en me faisant signe de faire pareil". 

Elle troque un verre de champagne contre un jus de fruit

Sans doute méfiante, Florima Treiber refuse une coupe de champagne. Ensuite tout s'enchaîne. Patrick Bruel lui aurait "sauté dessus" a tel point que, "sidérée", la jeune femme "n'aurait pas été en mesure de le stopper." Elle se calme et lui rappelle qu'elle espérait une rencontre à caractère professionnel. Il lui aurait répondu qu'il était "le même homme que dans ses chansons, sous-entendu le lover" se souvient l'ex-Miss. Elle poursuit son témoignage : "Là, j'étais face à un animal, la sueur au front… Et il m'a dit qu'il ne m'avait rien promis."

L'ancienne candidate confie à Mediapart s'être sentie "salie" et "naïve" puis explique : "Si je témoigne aujourd'hui, c'est parce que j'ai une petite fille, et je prie chaque jour qu'elle ne rencontre jamais ce type de personnage", se décrivant comme une "microvoix" relate Public.

Une seconde vague de témoignages : 30 femmes brisent l'omerta

Cette enquête publiée en mai 2026 porte à une trentaine le nombre total de plaignantes, avec quinze nouveaux récits recueillis. Les faits présumés s'étalent sur près de trente ans, de 1991 à 2019. Les profils des accusatrices varient grandement : fans, comédiennes, esthéticiennes ou assistantes de production. Selon Libération citant Mediapart, sept de ces nouvelles femmes décrivent des "relations sexuelles auxquelles elles n'auraient pas consenti".

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"Flashs" et "perte de connaissance" : des accusations de violences aggravées

Les déclarations mettent en lumière un mode opératoire récurrent impliquant des pertes de mémoire. Plusieurs plaignantes mentionnent l'ingestion d'un thé avant de perdre connaissance. Le cas d'Eva, mineure de 16 ans au moment des faits dans les années 1990, illustre la gravité des actes évoqués, allant jusqu'à des accusations de viols dans des espaces privés. Une femme anonyme de 33 ans témoigne auprès de Mediapart (repris par Libération) : "Je me revois dans son lit, allongée sur le côté, en train de me faire sodomiser. Je ne suis pas dans mon corps." Une autre ajoute : "Je me suis toujours dit : il m'a droguée."

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