Affaire Depardieu : lourde défaite judiciaire face à France Télévisions
Depuis la diffusion du numéro de "Complément d'enquête" fin 2023, la polémique ne cessait d'enfler autour des images tournées en Corée du Nord par Yann Moix. L'écrivain accusait le service public et la société de production Hikari de manipulation, réclamant plus de deux millions d'euros d'indemnisation. Cette guérilla juridique vient de trouver son épilogue.
Un verdict sans appel et un constat sévère
Le 15 mai 2026, la justice a rendu sa décision en rejetant la totalité des réclamations financières de l'auteur. Les poursuites pour abus de confiance et travail dissimulé ont été abandonnées, les magistrats estimant que ces infractions n'étaient pas caractérisées. Plus marquant encore, le tribunal a pointé la mauvaise foi de l'écrivain, soulignant qu'il savait pertinemment ne pas être le propriétaire des rushes. Le jugement a d'ailleurs précisé : "Yann Moix ne détient aucun droit sur les images tournées par Hikari."
Le montage frauduleux invalidé par les expertises
La défense s'appuyait sur l'idée d'une manipulation lors de la séquence où Gérard Depardieu tenait des propos obscènes dans un haras nord-coréen en 2018. Les deux hommes affirmaient que les déclarations s'adressaient à une adulte. Lors du procès, il a été révélé que Yann Moix tenait lui-même une petite caméra sur place. C'est paradoxalement l'analyse croisée de ses propres images avec celles des caméramans de Hikari qui a scellé le dossier. Le rapport d'huissier d'octobre 2024, cité par Libération, est formel : "À l'exception de la jeune fille, seuls des cavaliers d'apparence masculine entrent en premier plan des caméras."
La thèse de la fiction jugée illusoire
Pour justifier sa démarche, l'ancien chroniqueur assurait que ce voyage asiatique avait pour but la réalisation d'un film de fiction et non d'un documentaire. Cet argument n'a pas convaincu les juges, qui ont noté l'absence de tout contrat de travail ou de convention de droits d'auteur le liant à la production. Cette décision valide ainsi le travail d'investigation de France 2. Tristan Waleckx, présentateur du magazine, a réagi sur franceinfo.fr le 15 mai 2026 : "C’est la fin de deux ans et demi de mensonges, qui sont enfin reconnus par la justice ."
Un isolement marqué après le retrait de Gérard Depardieu
Ce revers judiciaire survient alors que l'écrivain se retrouvait seul dans cette procédure. En effet, dès avril 2026, l'acteur principal avait choisi d'abandonner ses propres poursuites contre la chaîne, évoquant un désir d'apaisement. En s'obstinant malgré ce désistement, Yann Moix voit son image écornée par cette défaite. Cet entêtement attire de nouveau l'attention sur sa proximité avec le comédien, qui reste par ailleurs confronté à plusieurs échéances pénales concernant des accusations d'agressions sexuelles.
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