Nouveau drame ferroviaire en Espagne : au moins 68 morts, des Français parmi les victimes ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 28/10/2026
Accident de train Espagne
Capture vidéo
© Capture vidéo BFMTV
Une collision entre deux trains à grande vitesse survenue ce mercredi près d'Urda a coûté la vie à au moins 68 personnes en Espagne, où les secours s'activent pour déterminer si des vacanciers français figurent parmi les victimes.

Le réseau ferré espagnol subit un nouveau choc. Ce mercredi 28 octobre vers 8h54, un convoi à grande vitesse a pulvérisé une rame à l'arrêt dans la province de Tolède, provoquant l'une des plus graves catastrophes ferroviaires de l'histoire récente du pays. Alors que l'émotion submerge la péninsule Ibérique, les secours inspectent les carcasses métalliques à la recherche de disparus.

Collision meurtrière sur la ligne Madrid-Andalousie

Le drame s'est noué sur l'axe reliant la capitale au sud du pays, sur le territoire de la commune d'Urda. Selon les premiers éléments rapportés par la presse espagnole et les autorités locales, un train AVE de la compagnie publique Renfe a violemment percuté par l'arrière un convoi de l'opérateur privé Iryo, alors immobilisé sur la voie ferrée. La violence du choc a projeté deux voitures du train percuté en contrebas d'un talus abrupt. 

Le bilan humain provisoire s'avère effroyable : au moins 68 morts et 80 blessés, dont une cinquantaine de passagers admis en urgence absolue dans les hôpitaux de Castille-La Manche et de Madrid. Face à l'afflux des blessés, les pompiers, le Samu et la Garde civile ont installé un poste médical avancé dans un gymnase municipal voisin.

La difficulté de l'identification des victimes 

Les équipes d'intervention font face à des scènes de désolation dans les décombres disloqués. D'après les secouristes, les passagers souffrent de traumatismes sévères et de multiples écrasements causés par la déformation des compartiments propulsés à vive allure. L'état dégradé des rames ralentit considérablement l'extraction des corps, obligeant les médecins légistes à recourir à des tests ADN et aux dossiers dentaires pour identifier formellement les dépouilles. La porte-parole du gouvernement régional, Esther Padilla, a d'ores et déjà prévenu que le décompte des victimes "allait très certainement augmenter."

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Sur cette ligne très empruntée lors des congés scolaires de la Toussaint, l'inquiétude grandit pour les voyageurs étrangers. Au total, 544 passagers se trouvaient à bord des deux trains, soit 397 personnes dans la rame AVE et 147 voyageurs, dont un nourrisson, dans le train Iryo. Les services consulaires ainsi que le ministère français des Affaires étrangères procèdent à des vérifications approfondies pour établir si des ressortissants tricolores figurent parmi les victimes de cet axe particulièrement touristique.

Vétusté du réseau, précédent tragique et tempête autour du ministre des Transports

Cette tragédie réveille le souvenir encore brûlant de la catastrophe d'Adamuz, survenue le 18 janvier 2026. Moins de dix mois plus tôt, une collision similaire impliquant déjà Renfe et Iryo avait provoqué la mort de 46 personnes en Andalousie. Malgré les promesses d'un plan d'urgence gouvernemental formulées au début de l'année, les syndicats de cheminots et les associations d'usagers fustigent la récurrence des incidents techniques et l'obligation répétée d'imposer des ralentissements d'urgence. 

Selon les premiers constats d'enquête, une défaillance du système de signalisation géré par Adif, le gestionnaire d'infrastructure, couplée à une défaillance d'aiguillage, expliquerait la présence simultanée des deux convois sur le même tronçon.

Le drame vire immédiatement au scandale d'État en raison des sorties médiatiques du pouvoir en place. À peine huit jours avant l'accident, le ministre des Transports Óscar Puente s'amusait des pannes ferroviaires à la télévision dans l'émission "Late Xou" : "Bon sang, comme si nous n'en avions pas déjà assez avec la Renfe." L'exhumation de cette séquence suscite la colère noire des familles de victimes et de l'opposition, qui réclament sa démission immédiate pour négligence.

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En réponse à l'indignation générale, le chef du gouvernement Pedro Sánchez a suspendu tous ses engagements publics. Le roi Felipe VI a adressé un message de condoléances à la nation endeuillée, tandis que le président Emmanuel Macron a immédiatement transmis la "solidarité de la France" face à ce "terrible drame."

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