Zones à risque : votre logement est-il toujours assurable ?

Publié par Sarah Martin
le 14/08/2026
Zones à risque : votre logement est-il toujours assurable ?
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Depuis le 1er janvier 2025, la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 %, comme le stipule un arrêté gouvernemental de décembre 2023.
Avec la multiplication des événements climatiques, inondations, sécheresses, incendies…, certains logements deviennent plus difficiles, voire plus coûteux, à assurer. D’une région à l’autre, l’exposition aux risques varie fortement et peut peser sur les garanties comme sur le montant de la prime. Voici les points essentiels à vérifier avant d’acheter un bien ou de renégocier son contrat d’assurance.

Depuis le 1er janvier 2025, la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 %, comme le stipule un arrêté gouvernemental de décembre 2023. Cette décision marque le point de départ d'un bouleversement tarifaire qui frappe directement le budget des ménages. Désormais, face à la multiplication des sinistres climatiques, la question n'est plus seulement de savoir combien coûtera votre protection, mais si votre assureur acceptera encore de la garantir.

Une flambée des tarifs et des critères durcis en 2026

Les primes d'assurance habitation enregistrent une hausse moyenne de 8 % à 12 % en 2026, rapporte le cabinet d'études Facts & Figures, dont les données sont relayées par France Assureurs. Pour certains profils immobiliers particulièrement exposés aux intempéries, la facture s'envole même au-dessus de la barre des 15 %. Cette forte inflation découle directement du plein effet de la nouvelle surprime "Cat Nat", obligatoire sur l'intégralité des contrats multirisques.

Face à la montée de ces risques environnementaux, le spectre de la "désassurance" menace activement les propriétaires français. Dans les territoires littoraux, les espaces inondables ou les communes touchées par la sécheresse, de multiples compagnies commencent à restreindre l'accès à leurs offres. Elles imposent régulièrement des règles de sécurité extrêmement sévères, exigeant parfois des aménagements coûteux avant de valider l'ouverture d'un nouveau dossier client.

Une évaluation de votre adresse immobilière au peigne fin

L'emplacement exact de votre bien immobilier dicte aujourd'hui son niveau d'assurabilité. Les compagnies déploient des outils de cartographie ultra-précis, à l'image du dispositif privé ClimaScore, pour analyser le danger parcelle par parcelle. Si votre maison se situe dans une "zone rouge" de retrait-gonflement des argiles (RGA) ou aux abords immédiats d'un cours d'eau, l'algorithme alerte la compagnie en temps réel.

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Cette vigilance extrême s'explique par le poids financier des récents sinistres. Selon les chiffres de France Assureurs, le coût des dégâts climatiques sur le territoire national s'élève à 5,2 milliards d'euros pour la seule année 2025. Le phénomène de sécheresse pèse particulièrement lourd, engloutissant près de 40 % de la charge totale du régime depuis 2017. La Caisse centrale de réassurance (CCR), minée par plusieurs années de déficit technique, a poussé les pouvoirs publics à autoriser une modulation tarifaire plus stricte pour maintenir le système à flot.

Les solutions pratiques pour maintenir sa couverture habitation

Pour anticiper une éventuelle résiliation, le premier réflexe consiste à consulter la plateforme officielle Géorisques. Ce portail public identifie clairement l'exposition de votre terrain face aux inondations ou aux instabilités de terrain. Selon le Ministère de la Transition écologique, près de 12 millions de maisons individuelles se trouvent dans des zones d'exposition moyenne à forte au phénomène de retrait-gonflement des argiles.

Si trois compagnies successives rejettent votre demande de souscription, vous détenez le droit de saisir le Bureau Central de Tarification (BCT). Cet organisme public forcera l'assureur de votre choix à vous couvrir contre les catastrophes naturelles, en imposant lui-même le tarif applicable. Par ailleurs, pour alléger le montant de la prime annuelle, relever le plafond de votre franchise reste une option efficace. Il faut noter que la franchise légale s'établit à 380 euros pour les dommages classiques, mais grimpe à 1 520 euros pour les dégâts liés à la sécheresse.

Enfin, réaliser des travaux de prévention rassure considérablement les experts en risque. L'installation de batardeaux amovibles en zone inondable ou le confortement des fondations favorisent le maintien de votre contrat. L'enjeu dépasse le simple cadre financier, comme le souligne le député Fabrice Barusseau dans son rapport parlementaire d'avril 2026 : "Si nous ne faisons rien, c'est l'accès même à l'assurance, et donc à la propriété, qui sera remis en cause dans certains territoires."

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