Mort de Jean-Paul Rappeneau, inoubliable réalisateur de Cyrano de Bergerac
Figure emblématique du septième art, le cinéaste a marqué plusieurs générations de spectateurs grâce à ses comédies virevoltantes et ses fresques épiques. Sa famille a officialisé sa disparition auprès de l'AFP, suscitant une vive émotion au sein de la profession et du public.
La disparition d'un maître exigeant
Avec seulement huit longs-métrages réalisés en cinquante ans de carrière, Jean-Paul Rappeneau incarnait une rareté précieuse dans le paysage cinématographique. Artisan méticuleux, il assumait pleinement son tempo de création, confiant au magazine Paris Match en 2015 : "Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent..."
Le triomphe historique de Cyrano de Bergerac
En 1990, le metteur en scène signe son chef-d'œuvre avec l'adaptation de la pièce d'Edmond Rostand, coécrite avec le scénariste Jean-Claude Carrière. Portée par Gérard Depardieu, cette fresque rassemble plus de 4,5 millions de spectateurs en salles et remporte dix César en 1991, en plus de cinq nominations aux Oscars. Le cinéaste avait d'abord hésité à concrétiser cette entreprise titanesque, avant de se remémorer l'émotion ressentie à l'âge de huit ans lorsqu'il avait découvert l'œuvre au théâtre aux côtés de sa mère.
Une carrière vouée aux monstres sacrés
Dès 1966, La Vie de château avec Catherine Deneuve et Philippe Noiret impose son sens de la comédie rythmée. Il dirige ensuite Jean-Paul Belmondo dans Les Mariés de l'an II, avant de réunir Yves Montand et Isabelle Adjani dans l'électrique Tout feu, tout flamme. En 1995, il orchestre Le Hussard sur le toit avec Juliette Binoche, confirmant sa capacité à sublimer les plus grandes têtes d'affiche.
L'art du mouvement et de la vitesse
Ancien scénariste pour Louis Malle et Philippe de Broca, notamment sur L'Homme de Rio, le réalisateur a fait de la vivacité sa marque de fabrique. En refusant les temps morts et le statisme, Jean-Paul Rappeneau lègue une œuvre où le panache et l'élégance populaire demeurent une référence absolue.
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