Cyrano et Jacques Weber : la fin d'un cycle pour l'homme aux mille représentations ?
Victime d'une bronchite sévère, l'acteur livre ses confidences sur ce combat physique inattendu. Ce coup d'arrêt marque un tournant dans sa relation fusionnelle avec le chef-d'œuvre de Rostand, qu'il porte avec passion depuis des décennies.
Un veto médical qui impose le silence
Après dix jours d'incertitude, la nouvelle est tombée. Jacques Weber annule les représentations parisiennes de sa pièce jusqu'en juin 2026 ("Cyrano, rêver, rire, passer", libre adaptation du roman d'Edmond Rostang). En cause, une infection respiratoire tenace provoquée par un germe particulièrement résistant. L'homme de théâtre sort du silence pour expliquer cette décision difficile.
"Pas très bien, enfin, ça va, il n'y a rien de vraiment très grave. Mais ça m'oblige à arrêter", confiait-il au Parisien le 18 mars. La réalité physique reprend ses droits sur l'envie de jouer. "C’est tout simplement une bronchite sérieuse qu’on n’arrive pas trop à maîtriser, un germe résistant, dirons-nous. Ce qui fait que je ne respire pas bien et surtout que j’ai des quintes de toux terribles qui m’empêchent de jouer", ajoute-t-il, illustrant l'impossibilité technique de tenir son rang sur les planches. "Ça peut arriver n’importe quand, n’importe comment. Ce qui s’est passé lors des dernières représentations, mais ce n’était pas bon, pas présentable."
Une vie entière dans l'ombre du nez de Cyrano
Ce personnage mythique colle à la peau du comédien depuis la production culte de Jérôme Savary en 1983. Une époque où l'épuisement le plongeait déjà dans des états de transe physique à la fin de chaque représentation. Aujourd'hui, il a incarné ce héros plus de 500 fois. À 76 ans, sa relation avec l'œuvre est devenue plus intime et introspective.
La pièce actuelle se veut d'ailleurs une réflexion sur ce rôle qui l'a hanté. "C'est le bonheur, bien sûr, mais aussi la mort d'un rêve d'enfant", avouait-il au Parisien le 12 novembre 2025. "Avec ce rôle, j'ai connu le plus heureux au théâtre, le plus dur aussi, j'y ai perdu ma voix."
L'épuisement d'un colosse face à l'exigence du texte
L'acteur distingue la saine fatigue du jeu théâtral de l'obstacle respiratoire actuel. "Jouer contre la fatigue, c’est jouable. Jouer contre plein de trucs, c’est jouable, mais contre la toux et la mauvaise respiration que ça amène, c’est impossible", détaille-t-il toujours dans les colonnes du Parisien.
Un véritable sentiment d'impuissance l'envahit face aux spectateurs. "D’un seul coup, vous êtes là à presque vous tirer de scène pour tousser un grand coup. Ce n'est pas tenable", admet l'artiste, refusant de livrer une prestation dégradée à son public fidèle.
L'espoir d'un dernier panache à Avignon
Malgré cette épreuve de santé, la retraite définitive n'est pas à l'ordre du jour. Le comédien garde l'espoir de triompher du germe et fixe son horizon sur le prochain Festival d'Avignon. Il souhaite y reprendre ce spectacle méditatif au Chêne Noir. "Je me repose, je ne peux pas faire autre chose… Et je fais des aérosols le temps qu’ils trouvent le médoc qui va bien. À un moment, ça va s’arrêter quand même ! Pour moi, c’est vraiment très pénible, surtout que c’est un spectacle auquel je tiens énormément, très agréable à jouer et je pense, à recevoir."
Dans cette version épurée, il s'appuie grandement sur son partenaire de scène, José-Antonio Pereira. Un duo soudé qui illustre la résilience d'un artiste prêt à tout pour offrir un ultime tour de piste flamboyant à son Cyrano bien-aimé.
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