Marseille : pourquoi le député LFI Sébastien Delogu est renvoyé devant le tribunal correctionnel

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 30/08/2026
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Placé en garde à vue pendant plus de huit heures au commissariat de l'Évêché, le député LFI Sébastien Delogu sera jugé le 13 novembre 2026 devant le tribunal correctionnel pour outrage sur des policiers.

L'élu marseillais fait face à des poursuites judiciaires directes après une altercation survenue dans son propre immeuble. Alors que les agents dénoncent des insultes et une entrave, le parlementaire conteste formellement ces accusations et dénonce un acharnement politique.

De l'immeuble marseillais à la garde à vue à l'Évêché : la chronologie des faits et le levier de la flagrance

L'incident trouve son origine le 24 août 2026 dans le 2ᵉ arrondissement de Marseille. Trois fonctionnaires en civil du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) interviennent pour interpeller un suspect lié à un vol de montre de luxe, au sein de la copropriété où réside l'élu insoumis. Une altercation éclate alors lors du passage des agents dans les parties communes.

Convoqué le 27 août 2026 à l'hôtel de police de l'Évêché pour une audition libre, Sébastien Delogu voit son statut basculer vers une garde à vue de plus de huit heures. Comme l'a précisé le parquet marseillais à l'AFP : « Le parquet de Marseille confirme le placement en garde à vue de Sébastien Delogu dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique ».

Cette mesure privative de liberté a été rendue possible sans accord du bureau de l'Assemblée nationale grâce au régime de l'enquête de flagrance. Selon l'article 26 de la Constitution, l'immunité parlementaire saute en effet lors d'un crime ou d'un délit flagrant. À la fin de cette audition, Me Yonès Taguelmint, avocat de l'élu, a sobrement indiqué : « La garde à vue a été levée. On ne fera pas de déclaration ce soir ». Le parquet a immédiatement notifié le renvoi de Sébastien Delogu devant le tribunal correctionnel de Marseille pour le 13 novembre 2026. Selon l'article 433-5 du Code pénal, l'outrage à agent est puni de un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende

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Deux versions antagonistes et une onde de choc politique nationale

Le dossier judiciaire repose sur deux récits diamétralement opposés. Les trois agents de police affirment avoir subi une entrave physique et des insultes outrageantes pendant l'exercice de leur mission. À l'inverse, le parlementaire indique avoir simplement demandé les cartes professionnelles d'individus non identifiables en civil, avant de déposer une plainte contre X pour violences physiques et injures.

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Pour trancher ce litige, les magistrats s'appuient sur l'exploitation des images de vidéosurveillance de l'immeuble ainsi que sur divers enregistrements vidéo versés à la procédure. Ces supports numériques doivent confronter les dépositions écrites des agents assermentés aux déclarations de la défense.

Cette procédure judiciaire a immédiatement provoqué de vives tensions politiques. Dans un communiqué officiel le 29 août 2026, Sébastien Delogu a fustigé « une campagne médiatique de dénigrement, alimentée par des fuites policières mensongères ». Le député insoumis a également dénoncé les conditions de sa convocation : « À l'issue de cette procédure démesurée, dont la presse a été informée en temps réel, à chaque étape, contrevenant à toutes les règles de la confidentialité, le parquet a décidé de me renvoyer devant le tribunal correctionnel ». Cette affaire ravive ainsi les frictions permanentes entre la direction de La France insoumise et les syndicats policiers.

Sébastien Delogu dénonce des fuites policières

Après sa libération, le député a publié un long communiqué pour dénoncer une campagne de dénigrement et des informations policières qu’il juge mensongères. Il reproche notamment que plusieurs étapes de la procédure aient été connues des médias presque en temps réel.

Cette dénonciation intervient après une autre polémique autour de fuites sur une garde à vue, celle de l’eurodéputée LFI Rima Hassan.

Le 13 novembre, le tribunal devra départager les récits et déterminer si les éléments du dossier permettent de caractériser le délit d’outrage. D’ici là, les affirmations des policiers comme celles du député doivent être présentées comme des versions contestées.

Sources

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