Invasion de la "fourmi électrique" : cette espèce dangereuse se propage en France

Publié par Matthieu Chauvin
le 10/04/2026
Fourmi électrique
Autre
© Capture vidéo TF1
La menace s'intensifie dans le sud de la France avec la découverte d'un troisième foyer de fourmis électriques à Cavalaire-sur-Mer, poussant les autorités à déployer des moyens de lutte inédits.

La progression continue de cet insecte piqueur alarme sérieusement les pouvoirs publics et les habitants de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur... pour l'instant. Originaire des forêts d'Amérique du Sud, cette minuscule créature menace profondément la riche biodiversité locale tout en représentant un risque sanitaire direct pour la population. Face à cette prolifération inattendue sur les côtes françaises, les services de l'État déploient aujourd'hui un vaste dispositif d'éradication pour stopper sa progression territoriale avant qu'elle n'atteigne d'autres départements limitrophes.

Cavalaire-sur-Mer devient le nouveau front de l'invasion dans le Var

L'expansion territoriale de la redoutée fourmi électrique se confirme implacablement sur le littoral méditerranéen. Lors d'une conférence de presse organisée en avril 2026, le préfet du Var, Simon Babre, a dû annoncer la confirmation officielle d'un troisième point de fixation, rapporte Le Figaro. Cette nouvelle zone touchée a été méticuleusement cartographiée par les services de l'État après une série de signalements émanant de résidents, qui rapportaient avoir été fortement incommodés à proximité de leurs domiciles.

Le niveau d'alerte reste maximal pour les instances chargées de la veille sanitaire et environnementale. Selon les données de la préfecture, le Var demeure, à ce jour, l'unique département de France métropolitaine à être officiellement colonisé par ce nuisible hautement envahissant. Une surveillance resserrée est maintenue en permanence pour éviter toute fuite de l'insecte hors des frontières départementales.

Les redoutables ravages de la Wasmannia auropunctata sur l'écosystème

Le profil physique de cet intrus s'avère particulièrement trompeur. Malgré sa taille infime d'à peine 1,5 mm, qui la rend presque totalement invisible à l'œil nu dans les herbes hautes, ses attaques se révèlent redoutables. Selon Olivier Blight, chercheur à l'Université d'Avignon et spécialiste de l'espèce, sa piqûre déclenche une douleur comparée à une décharge électrique ou à une brûlure d'ortie très intense, capable de persister pendant plusieurs heures consécutives.

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L'impact écologique se montre tout aussi destructeur pour l'environnement varois. La fourmi électrique éradique méthodiquement les diverses populations d'insectes locaux et n'hésite pas à dévorer les œufs des petits oiseaux nicheurs ainsi que ceux des petits mammifères. Les animaux domestiques subissent également de plein fouet ce fléau rampant. Les experts vétérinaires rapportent que le contact avec cette fourmi provoque de graves lésions oculaires, conduisant fréquemment à une cécité irréversible chez les chiens et les chats qui explorent les jardins infectés.

Riposte technologique et consignes strictes pour endiguer la menace

Pour faire face à cette urgence écologique, la préfecture du Var déploie un plan de lutte exceptionnel, traitant activement près de 4 hectares entre Toulon et les diverses communes limitrophes. Le préfet a notamment confirmé l'obtention d'une autorisation ministérielle rarissime de 180 jours pour administrer un "traitement par saupoudrage d'insecticide." Cette stratégie offensive s'imposait de fait. Comme l'explique Olivier Blight, la probabilité de rencontre avec les anciens dispositifs de boîtiers d'appâtage s'avérait trop faible pour éliminer efficacement les colonies.

La géographie parfois accidentée du territoire varois exige également le recours à des méthodes d'intervention modernes. L'utilisation de drones asperseurs est désormais privilégiée pour appliquer le traitement sur les collines escarpées et les terrains difficiles d'accès. Du côté de la population, les autorités imposent aux habitants de signaler la moindre suspicion de présence sur le site officiel de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN). Pour conclure, il est formellement interdit de déplacer de la terre ou des végétaux provenant des périmètres infestés, afin de stopper définitivement la dissémination de l'espèce.

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