Location : la clause résolutoire désormais obligatoire dans les baux, du mieux pour les propriétaires

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/10/2026
Locataires expulsés
Istock
Depuis le 1er octobre, tout contrat de location d'habitation doit obligatoirement intégrer une clause résolutoire réduisant le délai de régularisation des impayés à six semaines.

Cette mesure traduit sur le plan réglementaire les récentes évolutions législatives encadrant les rapports locatifs. Destiné à uniformiser le traitement des contentieux d'impayés, ce dispositif formalise la rupture automatique du bail en cas de dette non régularisée. Propriétaires et locataires doivent désormais composer avec des contrats strictement mis aux normes dès leur signature.

Le nouveau contrat type intègre d'office la résiliation pour impayé

L'application du décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 redéfinit les formulaires obligatoires. Tous les contrats de location (logement vide, meublé et colocation à bail unique) conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre doivent respecter ce modèle mis à jour. Selon les textes officiels, cette disposition s'impose à l'ensemble du parc privé de résidences principales.

Cette réforme supprime l'ancienne mention facultative. Jusqu'alors, la résiliation de plein droit pour défaut de paiement figurait sous la réserve "le cas échéant". Elle s'inscrit désormais systématiquement dans le corps du texte contractuel sans possibilité d'exclusion par les parties.

Ce décret concrétise la loi anti-squat du 27 juillet 2023, qui avait déjà modifié l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. La règle générale affirme ainsi : "Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie."

La procédure impose un délai de six semaines sans autoriser l'expulsion directe

Le déclenchement de cette clause obéit à un protocole strict. Le propriétaire ne peut constater aucune rupture automatique au premier impayé : il doit faire signifier un commandement de payer par un commissaire de justice. Cet acte ouvre un compte à rebours légal de six semaines accordé au locataire pour solder sa dette, contre deux mois sous l'ancien régime.

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La mention "de plein droit" ne permet en aucun cas l'éviction unilatérale de l'occupant. Selon l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL), il demeure formellement interdit à un bailleur de remplacer les serrures ou de forcer le départ d'un occupant sans titre exécutoire.

L'intervention du juge des contentieux de la protection reste indispensable. Saisi pour constater la résiliation, le magistrat conserve le pouvoir d'accorder des délais d'apurement pouvant s'étendre jusqu'à trois ans. Ces facilités de paiement suspendent les effets de la clause résolutoire tant que l'échéancier judiciaire fixé est honoré par le locataire.

Les vérifications indispensables pour les bailleurs et les occupants

Pour les contrats signés avant le 1er octobre, aucune réécriture ne s'impose. Par un avis du 13 juin 2024, la Cour de cassation a confirmé que les baux antérieurs demeurent régis par leurs clauses initiales, maintenant le préavis de deux mois attaché à leur commandement de payer.

Les bailleurs doivent veiller à l'actualisation de leurs documents. L'utilisation d'un modèle périmé ou la mention erronée de l'ancien délai expose le propriétaire à une annulation pure et simple de son acte devant le tribunal, retardant l'ensemble des démarches judiciaires de recouvrement.

Pour le locataire qui reçoit un commandement de payer, l'action rapide constitue la seule protection efficace. Dès la notification, il importe de mobiliser les dispositifs sociaux comme le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) ou de saisir le juge pour demander un report de dette via l'article 1343-5 du Code civil avant l'expiration du terme légal.

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