Grève générale du 5 novembre : la SNCF accorde une grosse prime aux cheminots pour éviter leur mobilisation
Cette décision de dernière minute cherche à calmer la colère sociale au sein de l'entreprise ferroviaire publique. Malgré ce coup de pouce financier immédiat, l'intersyndicale confirme ses appels aux arrêts de travail sur l'ensemble du territoire national. Les usagers des transports doivent faire face à d'importantes perturbations sur les rails et dans d'autres services publics.
Une prime de 400 euros accordée d'urgence par la SNCF
La direction du groupe ferroviaire a officialisé le versement fin novembre d'une prime de partage de la valeur fixée à 400 euros. Ce montant vise environ 140 000 salariés au sein des différentes entités du groupe public, incluant SNCF SA, SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et Gares & Connexions.
Pour compléter cette mesure, l'entreprise revalorise dès le 1er novembre les indemnités associées au travail de nuit, du dimanche et des jours fériés de 2 %, ainsi que le barème des frais kilométriques de 5 % pour les déplacements professionnels.
Cette initiative patronale n'a pas suffi à convaincre les organisations syndicales. L'intersyndicale réunissant la CGT-Cheminots, l'Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et la CFDT Cheminots maintient son préavis pour la journée du 5 novembre. Les représentants du personnel rejettent ce dispositif ponctuel, estimant qu'un versement isolé ne remplace pas une augmentation générale et durable des salaires mensuels de base.
La contestation persiste face aux bénéfices records du groupe
Cette décision intervient après l'activation d'une clause de revoyure prévue lors des précédents accords d'entreprise, dans un contexte d'inflation supérieure aux prévisions initiales. Les organisations syndicales s'appuient sur la santé financière florissante du groupe, qui a enregistré un bénéfice net de 1,2 milliard d'euros au premier semestre, pour réclamer un partage plus équitable de la richesse produite.
L'incompréhension domine dans les rangs des syndicats. Dans un communiqué officiel, la CFDT Cheminots a tranché sans détour : "le compte n'y est pas." De son côté, l'Unsa Ferroviaire a souligné que "le groupe sait répercuter l'inflation sur le prix de ses prestations" et se doit d'appliquer le même principe aux rémunérations de ses agents. La mobilisation s'étend également à d'autres secteurs par solidarité, s'inscrivant dans une journée d'action interprofessionnelle touchant l'enseignement, les administrations et le secteur aérien.
Trafic perturbé et démarches pour les voyageurs
Pour la journée du 5 novembre, le plan de transport subit de lourdes dégradations sur les lignes régionales TER, les trains Intercités ainsi que sur plusieurs liaisons Transilien et RER en Île-de-France. Selon les informations communiquées par les autorités aéroportuaires, la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) demande l'annulation préventive de plusieurs vols. Les écoles, les cantines scolaires et de nombreux guichets administratifs fonctionneront également au ralenti.
Les usagers de la SNCF peuvent consulter le détail des fiches horaires à partir de 17 heures. Les billets pour les trains supprimés restent échangeables ou remboursables intégralement sans frais via les canaux de vente officiels. Les entreprises recommandent à leurs salariés d'activer le télétravail ou de se tourner vers des solutions de covoiturage pour pallier le manque de trains.
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